La poupée de papier à l’avant-plan

L’âge d’or de la poupée de papier est terminé depuis longtemps, mais sa persistence dans le temps ne saurait mentir. La poupée de papier amuse, captive les tout petits, et reste abordable pour les parents. Aujourd’hui, on doit sa survie davantage aux éditeurs de livres et artisans, qu’aux fabriquants de jouets. Il peut être compliqué de s’y retrouver dans les produits de consommation, surtout si vous êtes un parent soucieux des stéréotypes et des enjeux autour de l’image corporelle. Selon nous, les meilleures offres viennent de Dansereau par Dominique Dansereau et Paper Thin Personas par Rachel Cohen.

Peut-être est-il encore mieux de la fabriquer soi-même à partir d’une photo de famille. C’est ce que conseille si bien Kelly Burstow de Be A Fun Mom. Utilisez la photo découpée pour tracer une silhouette et dessiner des vêtements avec languettes. Une alternative à la photo est simplement de la dessiner. Fabriquer une poupée de papier donne l’occasion des dessiner, découper et manipuler des images qui stimuleront l’imaginaire pour raconter des histoires en famille.

Pour les adeptes du passé, la poupée de papier a une longue histoire et il existe un vaste marché pour les collectionneurs d’antiquités. La poupée de papier et l’industrie de la mode sont inséparables. Ainsi, la poupée de papier, comme toutes ses cousines, est porteuse de l’image corporelle et des rôles genrés de sa culture d’orgine. Le National Women’s History Museum a publié en 2016, un court article bien documenté sur l’histoire de la poupée de papier, d’une perspective féministe.

Du côté de l’art contemporain pour grandes personnes, impossible d’ignorer le projet artistique grandeur nature et documentaire de l’artiste new-yorkaise October Lane. The Paper Doll Project appelle à la réflexion et peut être d’une aide précieuse pour les parents d’adolescents.

Exemples de vêtements pour poupée de papier. Source: Dansereau.co, 23 Janvier 2022.

Houra! Goodera!

Nous saluons toute l’équipe chez Goodera pour avoir contribué ce superbe vidéo d’introduction à notre mission et notre Collection. Alors que les temps difficiles perdurent, le regard que porte Goodera sur nos activités est rassurant.

Nous sommes un organisme de bienfaisance avec un mandat éducatif et archivistique pointu. La spécificité de notre mission culturelle fait que, dans les circonstances, notre nom ne s’est pas trouvé en haut des listes des priorités des fondations ou des donateurs depuis le début de la pandémie. Passer le mot est donc très important et nous vous prions de partager cet article le plus largement possible. Pensez aussi à faire un don aujourd’hui si vous le pouvez.

Service en ligne à grande échelle, Goodera fait la promotion et coordonne le bénévolat corporatif. Comme tant d’organismes de bienfaisance, la pandémie nous a empêché de présenter des événements en groupe et rencontrer en personne notre communauté. Le vaste réseau et l’expertise technique de Goodera constitue un appui fort apprécié. En plus de tout ce qu’ils font, Goodera vient de lancer l’application Karma App sur Zoom App Marketplace et en partenariat avec Zoom. L’application permet à un groupe en rencontre virtuelle de prendre dix minutes pour poser un geste solidaire envers la cause de leur choix.

An Introduction to Children’s Design International Collection. Production: Goodera. Source: CDIC-CIDE.

Voir grand: l’art miniature

Les confinements successifs et les restrictions d’accès durant la pandémie amènent les artistes et autres “créatifs” à redécouvrir les charmes de l’art miniature. Les articles de presse sur les galeries miniatures gratuites se sont multipliés au cours de la dernière année. Le Seattle Met, le Washington Post (2 articles), TimeOut, Urbanicity, la CBC, le Toronto Star, même le Smithsonian Magazine ont démontré leur intérêt pour ces mini-galeries d’art.

Ces reportages nous apprennent que les petits espaces aux allures de maisons de poupée sont déjà installés aux Etats-Unis à Seattle, Portland, Austin, Oakland, Phoenix Atlanta, Washington D.C., Brooklyn, Hyattsville, et aussi au Canada à Edmonton et plus récemment à Hamilton. L’artiste Elaine Luther en a repéré en Suède, en Pologne et au Mexique. S’autoproclamant dénicheuse de mini-galleries d’art, elle a lancé un site web pour nous aider à suivre l’expansion de l’empire.

Ce phénomène grandissant est une bonne nouvelle pour les artistes. Cela représente une façon de plus de faire voir leurs œuvres et de rejoindre un public varié, à proximité et sur le web. C’est aussi une bonne nouvelle pour les enfants et pour la vie de quartier, puisque la petite galerie peut accueillir les objets de n’importe qui, pourvu qu’il y ait de la place. Chacun peut y déposer ou prendre une oeuvre. C’est le même principe que le populaire réseau de petites bibliothèques libre-service.

Les artistes de l’État de Washington sont certainement les catalyseurs du mouvement. Stacy Milrani a été une des pionnières et sa petite galerie est une des plus fréquentées. Quant à elle, Jennyfer McNeely a apporté une toute autre dimension à l’aventure, en créant une conservatrice d’exposition fictive, Margaret Supperfield, une poupée, qui a son propre compte Instagram. Pour Katy Strutz, confectionneuse de poupées, l’appel du miniature allait déjà de soi.

Il est intéressant de constater que ce nouvel engouement pour le miniature arrive au moment où, à l’autre extémité de l’échelle on voit émerger l’art dit immersif, avec son gigantisme et ses superlatifs. Faisant maintenant son apparition dans de grands musées bien établis, les expositions immersives présentent les images de Van Gogh, Klimt, Schiele, Klee et aussi d’artistes contemporains. De tels événements sont ouverts au public à Miami, Atlanta, Houston, Las Vegas, Los Angeles, Toronto, Bordeau, Dubai, Shangai, Macao et Tokyo. Les promoteurs déploient des moyens technologiques sophistiqués pour attirer de nouveaux publics vers les arts visuels et stimuler le tourisme. Le palmarès de Bea Mitchell des tops 11 événements immersifs sur Blooloop, nous montre à quel point cette approche de l’art contraste avec l’art miniature.

Historiquement, l’art miniature a toujours fait partie des grandes collections. Il n’a jamais non plus été absent de l’art contemporain, même s’il n’a pas été de ce qu’on qualifie de blockbuster dans les grands musées, avec leurs gros édifices. Encore aujourd’hui et depuis 30 ans, la Biennale Internationale d’Art Miniature présente de tels œuvres dans la petite ville nordique de Ville Marie, au Québec. Plus d’une dizaine de pays ont été représentés l’été dernier. De l’autre côté de l’Atlantique, à Paris, le public a encore quelques jours pour visiter l’exposition Small is Beautiful. Cette exposition organisée par Encore Productions et Fever, présente les oeuvres miniatures de 20 artistes et des ateliers pour les enfants.

Plus bas, les photos nous fait voir une petite galerie libre-service qui vient tout juste de voir le jour à Hamilton, Canada. L’enseignant d’art Matt Coleman en est l’instigateur. Une artiste de l’endroit y plaçait sa propre contribution, lorsque j’y ai déposé l’édition limitée d’une impression réduite d’un dessin de mon cru.

Vous êtes de plus en plus nombreux à nous visiter

Selon ce qu’en disent nos statistiques web, le nombre de visiteurs vers notre site ainsi que les consultations des contenus ont augmenté d’un impresionnant 50 % en 2021, par rapport à 2020. Avec plus de 12 000 visiteurs et plus de 156 000 consultations, on peut dire que nous sommes de plus en plus nombreux à nous intéresser à la conservation de l’expression enfantine. Il y a plus, on constate que 13 % des visiteurs passent au moin 15 minutes sur le site, et 11 % plus de trente minutes. Nous ne somme peut-être par le petit chaton dernier cri avec près de 20 millions d’admirateurs sur Youtube ou Tik Tok, mais on donne à lire et à réfléchir au nôtres.

Nos visiteurs en ligne sont principalement du Canada et des États-Unis, mais sont aussi nombreux de la France, de l’Inde, du Royaume-Unis, du Brésil, du Japon et d’ailleurs. Nous sommes aussi chanceux de pouvoir compter sur nos bénévoles avec les réseaux sociaux. Les 800 personnes qui nous suivent sur Instagram sont fidèles au rendez-vous. Allez, passez le mot et faites décourvrir notre mission à votre entourage.

Statistiques web de CIDE, selon cPanel. Source: CDIC-CIDE

Ma neige arc-en-ciel

L’hiver s’est installé dans l’hémisphère nord. Voici la saison pour revoir notre manière de dessiner ou de peindre la neige. Bien sur qu’on peut la garder blanche, mais de quel blanc au juste? Et puis pourquoi pas d’une autre couleur? Belle occasion d’aller jouer dehors ou d’explorer les arpents de neige que l’histoire de l’art a à offrir.

Un bel article par Gritta von Toll sur le site des marchands d’art suédois Barnaby’s inclus de célèbres tableaux sur plusieurs siècles. N’y manque peut-être que l’apport de non moins célèbres Canadiens tels les membres du Groupe des Sept, ou bien le prolifique Clarence Gagnon et le grand Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté. On peut voir les oeuvres de certains d’entre eux, dans un article par Krista Broeckx sur le site web du Musée des beaux-art du Canada.

Bonhomme de neige. Gouache sur papier, c1963. Par Yvon. Source: CDIC-CIDE.

Donnez généreusement!

Nous utilisons le service de Canadon pour recevoir vos dons en ligne. Vous pouvez envoyer des cartes cadeaux personnalisées, tout en soutenant les efforts de notre Collection. Merci de l’utiliser souvent et de répendre la joie autour de vous.

Exemple de carte cadeau. Source: Canadon.org, 23 décembre 2021.

Numérisation en cours

Nous venons de conclure une entente avec McMaster University Library afin de numériser près de 150 objets de notre Collection. Il s’agit d’objets surdimensionnés qu’il nous est impossible de numériser avec les moyens dont nous disposons. La pandémie avait interrompu cette initiative pendant de longs mois, alors que l’équipement était hors de portée. Nous sommes très heureux de voir enfin ce projet aller de l’avant.

La bibliothèque de l’université n’avait encore jamais donné accès à son Digitization Centre à la communauté. Nous sommes donc fiers de paver la voie à de futures collaboration du genre. Nous tenons à remercier Krista Jamieson, Digitization Services Manager, d’avoir soutenu l’initiative depuis le tout début. Ci-dessous, les photos nous la montre alors qu’elle ouvre le colis livré récemment à la bibliothèque.

Sur fond sombre

Ce sera le solstice dans quelques jours. Artistes de tout acabit, prenez le temps de jeter vos couleurs les plus lumineuses sur un fond sombre. Suivez l’exemple d’artistes contemporains telles Cathy Sheeter du Colorado , et Kay Lee de la Malaisie. Elles perpétuent une façon de faire que plusieurs auraient cru disparue des pratiques artistiques.

Depuis la France, l’infographiste et peintre Cynthia Dormeyer nous offre des astuces utiles en la matière, en plus de ses beaux dessins.

Quelques objets de notre Collection sont aussi sur papier sombre. C’est le cas de ce dessin par Sri Dharshni, du fonds Ganesh M, du Canada. D’abord, on y remarque les deux arbres noirs sous la lune, mais il faut aussi remarquer les chauves-souris en plein vol parmi les étoiles.

Two trees at night, par Sri Dharshni, 2020. Source: CDIC-CIDE.org

Du côté des ados

Si on en juge par le volume d’articles scientifiques et non-scietifiques sur l’analyse des dessins d’enfants, il est facile de penser que les thérapeutes analysent principalement les dessins de jeunes enfants dans le cadre de leur travail avec eux et leur familles. On peut aussi facilement avancer qu’en général, les adolescents dessinent moins que les jeunes enfants. Ceci pour toutes sortes de raisons sur lesquelles nous n’élaborerons pas ici. Nous abordons plutôt, et qu’en surface disons-le, l’utilisation du dessin en psychothérapie dans le traitement des adolescents. La littérature scientifique à ce sujet est bien maigre. On le déplore.

La psychologue clinicienne Anne Boisseuil a publié dans la revue Dialogue – Familles et couples (2012, no. 198) son article De jeu en je: l’utilisation du dessin chez un adolescent en thérapie. Disponible sur le site CairnInfo – Matière et réflexion, l’étude de cas ne présente malheureusement pas le dessin discuté et analysé dans l’article. Par ses multiples observations et les citations qu’elle offre, la psychologue nous fait tout de même pleinement réaliser que le dessin intervient comme un outil devenu essentiel et complémentaire au discours et à l’écriture dans le processus thérapeutique pour l’adolescent, comme il peut l’être chez l’enfant.

tree, pencil, paper, 1970s
Branches d’épinette et de pin. Yvon, 14, c1972. Source: CDIC-CIDE.org

Du balais

Nous collectionnons des objets bien ancrés dans le quotidien de jeunes familles de partout dans le monde. Nous nous intéressons donc tout naturellement à tous ceux qui en font autant, chacun à sa façon. Près de la ville de Jodhpur dans la partie ouest du Rajasthan (Inde), Arna Jharna: The Thar Museum contribue à cet effort en collectionnant et en présentant des Jhadus, c’est-à-dire des balais.

Fondé en 2000, par le regretté folkloriste Komal Kothari le musée expose plus de 180 types de balais, selon l’article bien documenté de Supriya Newar dans Live History India. Les objets les plus simples peuvent s’avérer une source riche en savoirs et les balais aident les visiteurs du musée à découvrir les cultures régionales des résidents du Rajasthan, leurs travaux, leur spiritualité, ainsi que leur environnement naturel. Un autre article, celui-là par Chelsea Santos, Conservatrice adjointe au City Palace Museum d’Udaipur, nous rapproche un peu plus du Arna Jharna Museum. L’article est publié sur mainlymuseums.com.

En 2016, le pittoresque Musée Calbet de Grisolle (France) a aussi rendu hommage au balais à sa façon, dans une exposition de source documentaire différente et dans une autre perspective.

Balais du Arna Jharna Museum, avec étiquette du nom et lieu d’origine. Photo: Chelsea Santos. Source: MainlyMuseum.com, 20 octobre 2021.