Du nouveau au conseil d’administration de la CIDE

Notre organisme de bienfaisance est heureux d’annoncer la nomination de trois nouveaux membres au conseil d’administration. Dilshani Ranaraja, Maya Gubrisic et Terri Register apportent chacune à la Collection un large éventail de compétences et leur enthousiasme envers notre mandat. Avec leurs connaissances respectives, elles aideront la Collection à poursuivre sa croissance constante, en créant des partenariats dont nous avons besoin et en poursuivant le développement de notre banque de données. Bienvenue, Dilshani, Maya et Terri!

Dès sa première année d’existence, la CIDE a promptement adopté ses politiques structurantes. Notre programme de bénévolat a déjà presque deux ans. Nous ne remercierons jamais assez nos membres fondateurs, Alain, Andrée et Liliane, d’avoir fait le saut avec nous en 2018. Ils laissent une marque indélibile sur la CIDE.

Deux soleils, détail. c1974. Par Léo. Source:CDIC-CIDE.org.

Collage, collage, quand tu nous tiens!

Les achats en ligne ont explosé en 2020. Pour les créateurs récupérateurs, ça ne veut dire qu’une chose: une manne de matériaux d’emballage bons pour des oeuvres multimédia. Voici quelques pistes pour adhérer pour de bon au monde saisissant du collage.

Pour les enseignants et les parents créatifs, la référence qui s’impose est le livre Il était un bout de papier, d’Andréa d’Aquino aux éditions Eyrolles. Le plus récent Collages créatifs, de Julie Adore chez le même éditeur, est tout aussi bien illustré.

Pour vous impreigner de cette technique artistique, le gourou en la matière est sans contredit Pierre Jean Varet. Il vient de publier aux Éditions P.J. Varet, le Dictionnaire des techniques utilisées dans l’art du collage. L’ouvrage de référence suit trois décennies d’écrits sur le sujet, dont les deux volumes de son Traité sur les techniques de l’art du collage, parus en 2017. Ses vidéos vous aideront entre autres à bien choisir vos colles. L’artiste a fondé le musée Artcolle à Plémet (France).

Ci-dessous, le plus ancient collage de notre Collection, datant des années 1940. Il s’agit d’une nature morte, assemblée par Lisette, à partir d’une trousse scolaire de l’époque. Bess Bruce Cleaveland (1876-1966) était une artiste et illustratrice prolifique.

Nature morte, collage, c1945, par Lisette. Source: CDIC-CIDE.org.

Prête-moi ta plume

Les enfants dessinent, peignent, assemblent et construisent, mais ils écrivent aussi beaucoup. On demande souvent aux élèves à la petite école de décrire leurs dessins verbalement ou à l’écrit. Cette tâche peut paver la voie à une longue suite d’écrits personnels, que ce soit dans la bande dessinée, le journal personnel ou la poésie.

Les détaillants offent une panoplie de produits de type journal intime, ou carnet de voyage ou de projet, pour tous les goûts. C’est là un des cadeaux les plus significatifs et durables qu’un parent puisse offrir à son enfant. Nous aimons beaucoup comment Quo Vadis le présente et ce qu’ils en disent. Par ailleurs, découvrez les bienfaits de l’écriture personnelle dans le court article de Nathalie Rondeau publié en ligne par Mouvement santé mentale Québec.

Écrire sur soi ou pour soi, n’est peut-être pas pour tous. Soit. Écrire sur quoi que ce soit qui nous tient à coeur est toujours une bonne idée. L’écrire sur papier plutôt qu’à l’écran pourrait même rendre la chose plus mémorable et amusante quand viendra le temps d’y revenir dans le futur. Nous avons récement découvert la formidable Revue canadienne d’expo-sciences. Une publication hors pair qui démontre aux enfants qu’eux aussi peuvent écrire à propos de leurs projets scientifiques et leurs découvertes!

Le lapin rêve à un aigle, par Mathieu, c2000. Source: CDIC-CIDE.org.

Terroir de l’enfance

On fait aisément le rapprochement entre le dessin d’enfant et l’éducation, l’éducation artistique ou la psychologie de l’enfant. Ici à la Collection, on ose croire que des liens plus étroits mériteraient à être tissés avec l’anthropologie, l’histoire et l’ethnographie, pour l’avancement des savoirs.

L’intérêt pour le dessin d’enfant, surgit parfois de perspectives surprenantes. Alina Gabriela Tamas, enseignante de la petite enfance, a fait osé une approche rafraîchissante en analysant des dessins dans une perspective géographique. Publié par la revue Romanian Review of Geographical Education (Vol. III no. Feb. 2014), son article (en anglais) décrit l’analyse de 42 dessins d’enfants de 4 à 7 ans. Le texte est court, accessible et illustré de toutes les reproductions décrites. Qui aurait cru que la géographie aussi gagne à côtoyer le dessin d’enfant?

Hello Tree, par Sahana, 2020. Source: CDIC-CIDE, 2021.

Les écoles de la post-pandémie

Pour des raisons de sécurité, nous utilisons les écoles de manière bien diffrente durant la pandémie. Circulation d’air, capacité des salles, déplacement des groupes, tout est revu et adapté selon les règles sanitaires en vigueur. Enseignants et élèves utilisent les appareils électroniques plus que jamais, notamment pour l’apprentissage en virtuel. Le besoin de prendre des pauses fréquentes des écrans est ressenti par tous. Chaque fois qu’une école entre en confinement ou en sort, se présente l’occasion d’évaluer si on préfère travailler ou apprendre de la maison, à visage découvert, ou bien a l’école, masqué toute la journée.

Les édifices scolaires nous paraîtront-ils de plus en plus désuets, à mesure que nous entrerons dans l’ère post-pandemique et que nous nous réveillerons de ce mauvais rêve? Conseillers scolaires, getionnaires et syndicats auront certainement à se poser cette question et en débattre. Il sera important que parents et élèves participent à la réflexion.

Les architectes, espérons-le, feront entendre leurs voix et encourageront de meilleures façons d’envisager de futurs espaces d’apprentissage, mieux capable d’accommoder une transition d’un usage courant à un usage en situation de crise. Nous suivons une piste sur le très informatif site web architecture and education, publié par Adam Wood et Emma Dyer. Ils y présentent des entrevues (en anglais) avec d’autres architectes, des enseignants et autres professionnels de l’éducation, sur le sujet. Ils offrent aussi une liste de musées de l’école dans plusieurs pays, comme par exemple Musée national de l’Éducation (MUNAÉ), situé à Rouen. L’exposition virutelle “Métier d’enseignant.e, métier d’élève” vaut le détour. Mieux se souvenir de l’école du passé, ne peut que nourrir l’imagination pour l’école de l’avenir.

Ecran d’accueil, exposition virtuelle “Métier d’enseignant.e, métier d’élève“. Source: Musée national de l’école, 28 février 2021.

Les petits bonshommes

Il y a à peine un mois ici-même, on rendait hommage au bonhomme allumette. Plusieurs ont bien aimé, alors pourquoi se priver? Juste pour faire durer le plaisir, laissons l’artiste anglais Chris Kenny nous inspirer. Ses charmants personnages en mouvement sont faits de brindilles trouvées et d’une bonne dose de contemplation. Partagez ce que vous trouverez lors de votre prochaine promenade en nature. Nous aimons aussi beaucoup ses oeuvres rassemblant efficacement textes et images.

Douze brindilles, 2019. Par Chris Kenny. Collection Kalmthout Arboretum, Belgique. Source: ChrisKenny.co.uk, 23 février 2021.

Coupe papier

Dans un grand centre urbain, 2060. Sophie, 10 ans, regarde son grand-père faire du rangement dans un placard poussiéreux. “Papi, qu’est-ce que c’est ça?” demande-t-elle. “Ça ma belle, c’est un crayon” répond-il un peu distraitement. Elle poursuit, “Et ça?” Il se rend compte qu’il lui faudrait porter attention. “Ça? Et bien c’est une feuille de papier avec un dessin” et il la voit qui attend pour en savoir plus, mais il se demande s’il pourra trouver une feuille dans la maison pour lui expliquer plus en détail.

Est-ce trop tiré par les cheveux que penser que dans 30 ans nous puissions trouver une enfant de dix ans qui n’aurait jamais vu un crayon et une feuille de papier? Facile, si l’on tient compte de la rapidité avec laquelle décroît l’utilisation du papier dans le quotidien de plusieurs, que ce soit au boulot ou à la maison. Les écrans prolifèrent, nous permettent de produire, d’authentifier, de partager et de classer nos documents sans papier ni encre. Même les ventes d’imprimantes diminuent sans arrêt depuis un bon moment déjà. Qui plus est, on a besoin d’imprimer bien moins que par le passé avec chacun de ces appareils. C’est si on en a possède toujours un.

Y a-t-il même encore des feuilles de papier à recycler à la maison, qui ne soit pas du papier d’emballage, et sur lesquelles les enfants puissent dessiner? Les feuilles toutes neuves nous arrivent-elles seulement que de l’école? Généralement, les jeux des enfants imitent ce qu’ils voient faire des grands. Si les adultes n’utilisent plus papier et crayons, pas plus à la maison qu’au travail, qu’est-ce qui inspirera les enfants le faire?

En 2015, le Washington Post a publié un article de Michal S. Rosenwald. Il y décrit comment l’industrie du papier mettait sur pied une campagne de relation publique de sorte à promouvoir la pertinence du produit contre vents et marées, ainsi qu’à protéger les niveaux de production, ou du moins à en ralentir le déclin. Il montre à quel point la culture numérique est dévastatrice pour ce produit, et comment l’industrie compte contre-attaquer, notamment en intensifiant la visibilité du papier… sur Internet.

Avançons de quelques années à peine, plus une année depandémie, et le déclin du papier à imprimer se poursuit. L’industrie ne peut que le constater, comme dans ce rapport par Fisher International. Pour ce qui est des imprimantes de bureau ou pour la maison, on ne devrait pas tarder à savoir de quel côté le vent va tourner. Au cours de la dernière année, le journaliste Roberto Torres s’est demandé sur CIO Dive Will the pandemic spell the end of the printer? Peu de temps avant, deux experts en technologie, Duncan Stewart et Nobuo Okubo jouant au futuristes, ont prédit un avenir fleurissant aux imprimantes numériques pour les prochaines années, travail à la maison aidant: Printer Charming: COVID-19 TMT Predictions. Notre rapport à la paire papier-crayon change rapidement, les enfants n’y sont pas imperméables. Imprimons recto, laissons-les dessiner au verso. Faisons ça pour Sophie.

On ne voit bien qu’avec le coeur

Grâce à leur propre persévérance et à celle d’enseignants, de thérapeutes et de décideurs, les personnes malvoyantes ou aveugles peuvent de plus en plus s’adonner à l’appréciation des arts visuels. Pas seulement en tant que spectateurs mais aussi comme créateurs. Plusieurs s’étonneront que ces personnes dessinent, et bien oui c’est le cas, avec un minimum d’adaption technique. Il peut même être assez intéressant de faire découvrir à toute la classe, les matériaux ou équipements utilisés, histoire de découvrir de nouvelles façon de faire, tout en alimentant l’empathie et l’inclusion à la communauté.

Un bon endroit pour s’initier à ces ces pratiques est le LMAC-MP ou Laboratoire de médiation en art contemporain en Midi-Pyrénées. Il s’agit d’un partenariat communautaire régional mené par une équipe professionnelle et dynamique. Leur Petit guide du dessin en relief rédigé par Nathalie Bédouin et Nathalie Muratet inspirera les éducateurs.

Si la recherche dans ce domaine vous intéresse, plongez dans la thèse monumentale défendue par Dannyelle Valente à la Sorbonne en 2012, et rendue accessible par le Centre pour la communication scientifique directe (CCSD) : Dessin et cécité : étude de la communication graphique des jeunes non-voyants. L’ouvrage est captivant et qui plus est, magnifiquement illustré. Les chercheurs qui illustrent bien leurs travaux sont nos préférés.

Dessin produit par M.L., non-voyante de naissance. Source: Valente, Danyelle. Dessin et cécité: étude de la communication graphique des jeunes non-voyants. HAL.archivesouvertes.fr. 8 février 2021.

Hommage au bonhomme allumette

Nul doute qu’il mérite son propre musée ou un temple de la renommée. Le bonhomme allumette est probablement parmi nous depuis des milliers d’années, bien avant les allumettes (d’ailleurs comment l’appelait-on autrefois?). Ce symbol irrépressible à la fois de la simplicité humaine et de notre sens de la communication, est omniprésent encore aujourd’hui, dans la signalétique et la publicité à travers le monde.

Ces dernières années son alter ego anglophone (stick man) est devenu héro de livres pour enfants signés Julia Donaldson and Axel Scheffler. De ses aventures ont germés des films d’animation et même une comédie musicale (Freckle Productions). Si le bonhomme allumette n’a jamais pu être ignoré, il est grand temps de le reconnaître à son juste titre.

Sur une note plus songeuse, il est permis de se demander si on ne devrait pas considérer le bonhomme allumette comme une preuve indélébile que notre capacité de régression (consciente ou non), en plus d’être un mécanisme de défense à la portée de tous, serait une partie intrinsèque de notre hygiène cognitive et collective. Que le bonhomme allumette ait toujours meublé l’espace tant des enfants que des adultes est certainement matière à réflexion.

ScienceXplosion – Illustion d’optique, capture d’écran. Source: Parlonssciences.ca, 26 Janvier 2021.

Un pied devant l’autre

Toute une année de pandémie. Confinement, distanciation sociale, télétravail et école à la maison, peut-être même un couvre-feu. Notre sens de la discipline et notre patience sont mis à l’épreuve. Que faire? Laissons la récente chute de neige record (50 cm) à Madrid nous inspirer à aller jouer dehors et dessiner pas à pas dans la neige ou le sable. C’est un bon exercice mental et physique, sans papier, ni écran, ni crayon (caméra optionnelle pour préserver et partager l’oeuvre éphémère).

Vous pouvez même suivre les traces de l’artiste-ingénieur Simon Beck et faire des mathématiques pour l’occasion. Commencez avec de simples formes géométriques et augmentez le niveau de difficulté sur une surface bien choisie. Surtout, profitez-en pour réfléchir sur le sentiment ressenti pendant que l’image disparaît et combien de temps elle aura durée. La pandémie ne durera pas. On peut déjà forger le souvenir qu’on en aura.

Impression d’écran, Simon Beck sur Instagram. Source: Instagram.com/simonbeck_snowart, 10 décembre 2021.