Citrouille, je te vis!

Parmi le tout récent arrivage reçu d’une jeune maman et ses enfants, se trouvent quelques images sur le thème de l’Halloween. Elles sont tout juste arrivées et nous n’avons pas encore eu le temps de toutes les numériser. Il faut aussi admettre que la pandémie nous ralentit ces temps-ci.

Il est toutefois impossible de ne pas partager tout de suite ce collage, par Sahana, vu son irrésistible titre à saveur poétique (même lorsque traduit librement). Juste à temps pour le weekend de peur et de résilience qui s’en vient.

Pumkin I live you, par Sahana, 2020. Source: CDIC-CIDE.

Dans les bras de Morphée

Halloween arrive à grands pas, ainsi que l’heure de reculer l’heure. C’est certainement le temps de rendre la fête aussi normale, rigolotte et antivirale que possible pour les enfants et les proches. Ajoutons une touche 2020 qui s’impose cette semaine, en conviant tout le monde à réfléchir sur notre hygiène du sommeil.

En soirée, rassemblez la maisonnée pour une discussion ouverte sur les préparatifs et les habitudes avant d’aller dormir. Partager les préférences pour ce qui est du bruit ambiant, des écrans, de la température, des collations, des lits, des oreillers et du sommeil-même. Faites-en autant le matin, cette fois pour partager si le sommeil a été réparateur ou non, trop court ou juste assez long, et s’il y a des trucs pour mieux se réveiller le matin. Voyez si quelqu’un a rêvé et s’il se souvient des détails. Demandez-vous si tout le monde connaît la différence entre les cauchemars et les terreurs nocturnes. Demandez aux enfants de dessiner leur rêve de la veille. Nul besoin d’analyser outre mesure le résultat. Appréciez simplement l’inspiration qu’apporte le sommeil.

La lecture sur le sommeil ne manque pas. Une excellente source est sans contredit le site de la campagne de santé publique Dormez là-dessus. Cette campagne est menée par quatre organisme canadiens renommés. Pour une perspective historique sur le cauchemar, Alexandre Baratta, Luisa Weiner et Olivier Halleguen ont contribué un bel article dans L’Information psychiatrique (vol. 86, p. 73-78) en 2010, qu’on peut trouver sur le sur le site Cairn.Info.

Moi qui rêve, par Valérie, c1982. Source: CDIC-CIDE.

Dans l’air du temps

En début d’année, nous avons dû expliquer aux enfants pourquoi un virus qu’on ne pouvait voir, nous obligeait à faire tant de choses différemment. Les mois passent et il est promordial de continuer cette conversation. Il est important de garder le dialogue ouvert avec les enfants et entre adultes, à propos de ce que nous traversons ensemble et comment nous le ressentons.

Ils se dessinent, dessinent la famille, l’animal de compagnie, l’arbre dehors, les autos qui passent et peut-être aussi le virus lui-même. Avez-vous suggéré à votre enfant de dessiner le vent? Faites-le, puis sautez sur l’occasion de pousuivre la conversation au sujet de ce que nos yeux ne peuvent voir. Une conversation d’une grande utilité au sujet de ce qui est invisible mais bien réel, et ce qui est tout aussi invisible mais qui n’existe pas. Assurez-vous d’inclure dans cette conversation les mesures sanitaires qui appellent à la coopération afin d’éviter tout contact avec la COVID-19.

Voyez comment votre enfant relève le défi de dessiner le vent. Une fois le dessin terminé, regardez ensemble comment d’autres s’y prennent. Visitez nos listes sur notre chaîne Youtube nouvellement créée. Nous venons d’y ajouter ce court vidéo d’une minute (sans parole) montrant une façon de dessiner le vent.

How to draw the wind, par How to for kids. Source: Youtube, 18 octobre 2020.

Quand la décision vous revient

Vous possédez peut-être une grande sensibilité artistique et ne tarissez pas d’éloges pour les dessins de votre enfant. Vous avez aménagé un coin pour le bricolage, vous avez un système en place pour encadrer et affichez les plus belles images, soit dans la cuisine ou ailleurs dans la maison. Surtout, vous impliquez votre enfant dans la décision, quand vient le temps de garder, réutiliser ou mettre le tout au recyclage. Toutefois, votre déception grandit chaque fois que votre enfant vous laisse entendre que le tout peut aller à la poubelle. Votre enfant ne partage pas votre enthousiasme pour le dessin.

Le dessin, comme activité ou ce qui en résulte, n’est peut être simplement pas le centre d’intérêt de votre enfant et c’est ainsi. Il n’a pas de quoi en faire une histoire. Votre propre sensibilité artistique n’a pas à converger avec votre accompagnement ou votre jugement parental. Il est probablement temps de décider pour vous-même si l’appréciation et la préservation des images réalisées par votre enfant ne devrait pas être votre propre projet personnel, tout simplement. Qu’il s’agisse d’un projet à moyen ou à long terme. En tant que parent, garder la trace du développement cognitif de votre enfant, sa capacité de raconter en images, ses interprétation de jeux entre amis ou de moments en famille, peut bien être votre affaire à vous. Votre enfant n’est peut-être pas aussi intéressé pour le moment, mais peut-être que son point de vue sera différent à l’age adulte. Vous voudrez peut-être connaître sa réaction dans pusieurs années, quand vous lui ouvrirez vos préciseuses archives. La réponse en sera probablement une de joie et de gratitude. Bien qu’il soit aussi possible qu’un “vraiment, pourquoi”, soit au rendez-vous. Encore là, il n’y aura pas lieu de s’étonner ou d’être déçu, car vous saurez précisément pourquoi et n’en regretterez pas un instant.

Mon rêve, par Valérie, c1982. Source: CDIC-CIDE, 12 octobre 2020.

La fratrie se dessine

Que l’on soit parent ou educateur, c’est une bonne idée que de demander un dessin de la famille à un enfant de temps en temps, puis de s’y arrêter pour voir ce qu’il nous dit de sa relation avec ses frères et soeurs. L’image peut révéler des aspects de la vie émotive et social de l’enfant, que vous voudrez aborder avec lui, ou avec un autre adulte contribuant à son éducation.

La fratrie a parfois des rapports constants, presqu’ininterrompus (pensons aux jumeaux mais aussi à ceux qui vont à la même école) ou ne passe son temps qu’avec les parents, comme durant les repas, et n’ont que peu de temps ensemble, entre enfants. La différence d’âge, les affinités ou intérêts jouent sur les rapports, mais les circonstances, le style parental, la famille élargie et même l’aménagement intérieur peuvent chacun avoir un impact significatif sur la manière dont les frères et soeurs se comportent entre eux et grandissent ensemble.

Le dessin de la famille peut par exemple être utile lorsque maman est enceinte, si une soeur débute ou change d’école, ou suite à un changement majeur comme un déménagement, une séparation ou un marriage. Lorsque le dessin est terminé, voyez ce qu’y font les autres enfants, comment ils sont habillés et leur enplacement et leur grandeur sur la page, en lien avec l’enfant et le parent. Pour une lecture savante sur le sujet, consultez l’article de Christian Brassac et Marie-Claude Mietkiewicz qui ont demandé à Emma et à son frère Léo, de dessiner leur famille ensemble sur la même feuille. L’article a été publié en 2008 dans Bulletin de Psychologie, numéro 495.

Famille, par Emma et Léo. Brassac, Christian, et Marie-Claude Mietkiewicz. La production conjointe d’un dessin de la famille : une histoire interactionnelleBulletin de psychologie, vol. numéro 495, no. 3, 2008, pp. 245-255. Source: Cairn.info, 4 octobre 2020.