Il était une fois l’Histoire

Paraphrasons Albert Einstein et admettons que si nous répétons la même erreur en souhaitant des résultats différents, c’est que nous manquons de jugement, ou pire. Jusqu’à tout récemment, trop peu a été fait pour préserver l’expression enfantine. Il en résulte une insuffisance de la contribution des enfants au discours social, effacée et inaccessible aux historiens qui ne peuvent en tirer des interprétations éclairantes. Un constat pour le moins désolant surtout pour les 150 dernières années, en sommes depuis l’émergence de l’instruction publique en occident.

Heureusement, la chose semble vouloir s’améliorer au XXIe siècle et une poignée d’historiens montrent un intérêt grandissant pour ce que les enfants ont à dire verbalement ou sur papier. Il est plus que temps car ce que les enfants ont laissé de traces sur papier durant la seconde moitié du siècle dernier, est sur le point de disparaître à jamais. Nous avons initié notre Collection en grande partie pour remédier à cela et éviter de répéter les négligences du passé, en ce qui concerne le dessin d’enfant.

Prenons à témoin ce superbe article de Franck Beuvier, publié en 2009 dans la Revue d’anthropologie et d’histoire des arts et accessible sur Open Edition Journals: Le dessin d’enfant exposé, 1890-1915. Art de l’enfance et essence de l’art. Article fouillé, riche en détails, instruit, captivant, mais pas de dessin.

Un autre article plus récent, paru en 2015, tout aussi captivant, s’en sort mieux avec quelques photos: Dessins d’enfants et aide humanitaire : expressions et expositions transnationales. Rédigé par Dominique Marshall (Carleton University) appuyée d’une foule de collaborateurs, pour le compte de la Revue de la Société historique du Canada (Vol. 26, 1), l’article nous fait voyager à travers le monde et les conflits du XXe siècle et leur impact sur les populations. Encore une fois, on voudrait de meilleures images.

Allons enfin du côté des États-Unis, consulter le superbe article (en anglais) de Karen Sanchez-Eppler, publié par The Conversation, et qui nourrit notre espoir de voir le dessin d’enfant trouver sa juste place dans l’histoire et faire surgir celle-ci au regard des générations futures: How studying the old drawings and writings of kids can change our view of history.

The Nelson Brothers’ Encyclopedia for Their Fictional World, 1890s. Amherst College. Source: TheConversation.com, 23novembre 2020.

Faites un don, agissons

Jusqu’au 20 Novembre, faites un don et agissons ensemble pour faire grandir la Collection. Pour une deuxième année, nous avons lancé notre campagne de financement en juin, lors de la Journée internationale des archives. Notre campagne prendra fin à la Journée mondiale de l’enfance. Soulignez avec nous cette date importante du calendrier des Nations Unis comme du nôtre.

Votre don nous aidera à rendre des enveloppes pré-affranchies accessibles aux familles qui voudront nous envoyer leurs contributions pour la Collection. Nous visons à rendre ces enveloppes disponibles dans les écoles, les bibliothèques et les événements communautaires, où nos bénévoles peuvent rencontrer les gens qui contribueront. Ces enveloppes complèteront notre trousse avec les signets et les dépliants déjà disponibles. Faites votre don en ligne et faites augmenter les envois de contributions à la Collection.

Journée cheveux fous, par Sahana, 2020. Source: CDIC-CIDE.

De la musique à nos oreilles

Les plaisirs du dessin et de la musique sont faits l’un pour l’autre. Célébrons la musique qui nous aide tant à traverser la pandémie mondiale, comme tout autre moment difficile, ou aussi les grandes joies. Lancez votre liste de lecture musicale préférée, ou une encore inexplorée, puis laissez-vous aller au dessin le coeur et le crayon légers, emportés par la musique.

Laissez-vous inspirer par un artiste d’une grande profondeur, qui épouse depuis des décennies peinture, musique et poésie: Symon Henry. Comparez votre gestes et vos couleurs aux siennes. En quoi votre musique diffère-t-elle de la sienne?

Pour aller plus loin sur le chemin de la longue histoire d’amour entre la musique et l’image, et son importance culturelle, découvrez le travail de recherche de Christine Guillebaud, dans un article publié dans le numéro 17 des Cahiers d’ethnomusicologie en 2004, pp. 217-240: De la musique au dessin de sol et vice versa.

Le dessin de sol, en Inde du Sud. Photo: Christine Guillebaud. Source: journals.openeditions.org, 10 novembre 2020.