C’est l’histoire d’une erreur qui se perpétue à travers les siècles, même si on sait qu’elle en est une. L’expression crayon de plomb est toujours courante aujourd’hui, même si elle est fausse.
Ces petits outils de bois qui nous sont si familiers, ont toujours eu en leur centre un mélange de graphite et d’argile.
Le graphite est la première victime de cette erreur à cause de sa ressemblance au plomb. À sa découverte en Angleterre en 1560 on l’appelle plombagine, encore d’usage aujourd’hui en industrie pour désigner un graphite d’une grande pureté. Pourtant seul sa couleur apparente le graphite au métal lourd et toxique qu’est le plomb. Ce serait en 1779 qu’un chimiste suédois aurait enfin précisé que le graphite était constitué de carbone, et non un métal. Presque vingt ans plus tard, le chimiste français Nicholas Jacques Conté a fait breveter le processus pour en faire les crayons que l’on connaît.
Il faut dire que l’erreur a été faite de bonne foi. Le fait que des outils de plomb avaient été utilisés de l’Antiquité au Moyen Age pour tracer des lignes y a certainement contribué.
Bien que l’erreur soit justifiable, la corriger l’est tout autant. Alors, faisons un petit effort et cessons de perpétuer l’erreur. Rendons bonne mine à nos crayons à mine… de graphite.
Pour découvrir davantage sur le monde du crayon, voyez le site de la compagnie California Cedar Products. Un ouvrage savant et bien illustré par Anna Willi, Manual of Roman everyday writing, Vol. 2, vous plongera dans le monde de l’écriture à l’Antiquité.


Pourquoi écrivez-vous collection internationale de desseins d’enfants (et non dessins) ?
Merci Joëlle pour cette question et je suis ravi que le sujet vous intéresse. J’espère avant longtemps ajouter une section Q&R au site web, et je ne manquerai pas de l’ajouter. Je vais faire de mon mieux pour y répondre brièvement et je vous invite à ajouter ce que vous en pensez.
Il y a quatre parties à la réponse…
1) La plus évidente est que dès l’incorporation de l’organisme, nous savions que nous ne limiterions pas les acquisitions aux seuls dessins, mais à une panoplie de formes et formats d’expression enfantine. Nous ne voulions donc pas que notre nom induise en erreur par une désignation trop restreinte. Même « art enfantin » n’aurait pas réfléter notre mission. À la limite expression enfantine aurait fait l’affaire.
2) À vrai dire, c’est à dessein que nous avons opté pour le terme « dessein ». Selon nous, le terme rend compte de l’agentivité (terme de plus en plus utilisé) ou de l’intention de l’enfant dans son geste créatif. Nous cherchons par ce terme à mettre de l’avant la volonté de l’enfant, qu’il s’agisse de contenu consicient ou inconscient, présent dans l’objet ainsi créée.
3) Nous cherchons aussi à nous démarquer des efforts passés dans l’acquisition, l’interprétation et l’accès à ce type d’objets culturels. Nous prenons ainsi un certain recul par rapport à l’Art avec un grand A et toute présomption artistique ou esthétique parfois prises pour acquises par tradition. L’expression des enfants, ouvre la voie à de bien plus larges réflexions, que celles concernant les pratiques artistiques ou l’éducation artistique anciennes ou courantes.
4) Finalement, il y a un côté ludique au choix de ce mot, qui va même au delà du voisinage des homophones, au risque de provoquer la confusion, ou de laisser croire qu’il y a là faute de frappe.
J’espère avoir répondu à votre question, et ne pas vous avoir ennuyé avec une réponse un peu longue.