L’univers du blob

Son univers est évidemment le nôtre aussi. Il lui a fallu des centaines de millions d’années, mais la reconnaissance du blob atteint enfin des sommets insoupçonnés. Le mois dernier, le blob s’est joint à l’équipage de la Station spatiale internationale. Une équipe scientifique scrute son comportement dans un environnement à gravité réduite. Des milliers d’étudiants suivent l’aventure par ce hublot qu’est Internet. Pour plus de détails sur l’aspect éducatif du projet scientifique, voyez le court article d’Aglaïa Laurent sur Futura Science.

Passionnés de dessin, nous sommes évidemment nombreux à avoir côtoyé le blob à plus d’une occasion. En parlant bien sûr du blob ou de la tache à deux dimensions et multicolore. Tout en gardant un oeil sur l’expérience en cours sur la Station spatiale, prenez le temps d’aller fouiller les nombreuses ressources artistiques à propos du blob sur le web. Pour une activité à l’école ou à la maison, voyez Dessin d’imagination : dessiner des BLOBS ?! sur la chaîne Youtube d’À nos crayons! Nous l’ajoutons à notre liste de lecture. Le Blob de Marvel Comics doit se réjouir ces jours-ci.

Blob. Photo: Audrey Dussutour / CRCA / CNRS. Source: CNRS.fr, 11 septembre 2021.

Nos bénévoles sous les projecteurs

Nous tenons à prendre un moment pour exprimer notre gratitude envers Andrea Kaus. Au cours de la dernière année, Andrea a préparé, mis en ligne et maintenu notre chaîne Youtube. Sa passion pour la production et le montage vidéo est un atout formidable pour notre Collection. Elle a planifié les séries présentes et à venir, en a conçu la scénarisation, créé l’indicatif visuel et a réalisé chaque montage. Andrea détient un diplôme en Multimedia Development and Design du Humber College (Toronto).

Nous nous souvenons tous du vent de frayeur qui a soufflé lors de la première vague et du premier confinement général de la pandémie COVID-19. Tous avons fait face à une grande incertitude et une adaptation émotive soudaine dans le quotidien. Un bambin à la maison, c’est à ce moment qu’Andrea est venue à nous et s’est engagée à aider la Collection. Merci du fond du coeur.

Vous avez des idées pour des vidéos? Vous avez gardé des dessins d’enfance pendant des années? Andrea se fera un plaisir d’accueillir vos suggestions.

Andrea Kaus, 2020. Source: Andrea Kaus

@macairesmuse… la suite

Comme des milliers d’internautes quand un premier confinement nous est tombé dessus, nous les avons découverts et suivis leur périple. Les grands dessins à la craie de Macaire sur le béton de l’entrée familiale, ont agit comme un baume pour tant de gens. Quant à Camden, son jeune frère et muse, il a animé le tout dans des poses et mises en scène rocambolesques. Au départ l’objectif était de 100 “fresques” en autant de jours, mais la série n’a cessé de s’allonger. Puis le duo a publié non pas un, mais deux livres le printemps dernier. Le second livre est intitulé Cam and Hopper travel the world. S’il inclu moins d’images que le premier, c’est qu’elles sont plus soignées. Macaire a pour ainsi dire entré l’entrée dans la maison, afin de consacrer plus de temps à l’exécution, à l’abris des intempéries. La dernière étape est demeurée la captation photo à l’extérieur. Macaire a également ajouté la poésie à son art et chaque dessin lui a inspiré un haïku.

Macaire et Camden viennent tout juste de retourner à l’école. Ils ont pris quelques minutes pour nous parler d’un dessin important. Il s’agit d’un dessin sur papier que Macaire a fait lorsqu’elle avait l’âge de son frère. On les y voit côte à côte sous un arc-en-ciel en mouvement. La famille a choisi de l’encadrer et de le conserver au fil des ans. L’an dernier, il a inspiré une version grandeur nature, devenant la 101-ième oeuvre éphémère et festive. On la retrouve dans le premier livre. Deux mots pour ces deux-là: BRAVO et MERCI.

Vivement, la technique du frottage

Max Ernst lui a donné son nom et sa légitimité artistique. Cependant, plusieurs autres artistes du XXe siècle y ont eu recours. Près d’une centaine d’oeuvres faites à partir de la technique du frottage se trouvent au Centre Pompidoux. La technique de frotter du papier ou une toile avec un crayon, du fusain ou de l’encre sur un objet texturé, précède d’ailleurs son entrée dans les lexiques de l’art. En 2015, le Hammer Museum, Los Angeles, co-produisait avec la The Menil Collection, Houston, une supberbe exposition intitulée Apparitions: Frottages and Rubbings from 1860 to Now. Documentée de façon exquise par la conservatrice Allegra Pesenti, de Menil Drawing Institute, les oeuvres retenues montrent la diversité des matériaux utilisés et combinés au frottage artistique. Les images qui en résultent sont fascinantes. Qui aurait cru qu’on pouvait utiliser la technique du frottage artistique sur une dactylo?

Encore aujourd’hui, des artistes de tout horizons utilisent la technique. Un de nos favoris est le compositeur et artiste conceptuel Roger Clark Miller. Découvrez ses oeuvres visuelles et suivez aussi les prestations musicales de Anvil Orchestra. Les artistes de la scène méritent et ont grand besoin de notre soutien en ces temps difficiles.

La technique artistitique du frottage offre une belle occasion d’explorer son environnement immédiat en famille. Elle demande peu de moyens, donne des résultats immédiats. Peu importe le crayon, la craie ou l’encre, la magie s’opère toujours, même sur les objets en apparence les plus anodins.

Mission of Burma, drawing
Pete, 2004, par Roger Clark Miller. Source: RogerClarkMiller.com, 29 août 2021.

Entrevue avec Mattia Biagi

Pendant un séjour à Hawaii, Mattia Biagi de Los Angeles a pris quelques minutes pour partager avec nous, en anglais, l’histoire d’une aquarelle qu’il a peinte au début de son adolescence. On y voit un cheval de cirque en pleine course. Mattia exprime sa reconnaissance envers sa grand-mère pour avoir précieusement protégé cet instant figé sur papier.

Artiste, designer et consultant, Mattia n’a que de bons mots pour la mission de notre Collection. Il faut dire que la mémoire est une préoccupation très présente dans son processus de cration. Voyez sa saississante série “tar art” et ressentez le poids des années. Des temps sombres sur lesquels l’art jette sa lumière.

Il était un éguisoir

Parfois, l’inspiration ne se pointe pas. Vous fixez une feuille de papier, mais n’avez aucune idée quoi dessiner. Vous pouvez toujours gribouiller et voir ce que cela donne. Ou alors vous pouvez simplement passer à autre chose, comme prendre un éguisoir et éguiser tous vos crayons jusqu’au dernier. Sauvé par l’éguisoir.

De toutes les collections étonnantes, une collection d’éguisoirs ne manque jamais d’appeler un sourire, même si touts les muses nous ont abandonnés. On vous en présente deux choisies sur le tas, pour le plaisir.

Sharpenking est un site commercial et multilingue offert par deux passionés à Wassenaar, Pays-Bas. Leur collection comprend des centaines d’objets, en vente ou en rachat, et un réseau de collectionneurs tout aussi passionnés. Leur série Chevaliers d’Espagne est sans doute la plus affûtée. L’autre collection ne semble pas avoir son propre site web. Elle est cependant mentionnée comme attraction locale sur le site touristique régional, et fait surtout l’objet de plusieurs vidéos par ses visiteurs (comme celui du lien suivant, par Thrifty Mint). Le Paul A. Johnson Pencil Sharpener Museum est une simple petite cabane au pied des Appalaches, à Logan, Ohio. La famille et amis de feu Rev. Johnson rendent possible cette exposition permanente de près de 3,500 éguisoirs qu’il a amassé durant vingt ans.

Éguisoir et crayon, 2010, par Alexandre Klink. Source: commons.wikimedia.org, 16 August 2021.

Entrevue avec Lisa Anne Auerbach

De son studio à Los Angeles, l’artiste et enseignante Lisa Anne Auerbach, a pris quelques minutes pour s’entretenir (en anglais) avec nous récemment. Elle nous parle en toute candeur d’une marionnette qu’elle a fabriquée en 1976. Écoutez-la raconter comment ce personnage “présidentiel” est venu au monde, ainsi que quelques autres images.

Nous la remercions pour ce message stimulant et de joindre sa voix à la nôtre en faveur de la préservation de l’expression enfantine. L’art actuel de Lisa Anne constituera sa prochaine exposition solo, au printemps 2022, à la Usdan Gallery, Bennington College, Vermont.

Vous avez aussi un objet que vous avez fait pendant votre enfance? Partager son histoire avec nous. Un simple clic suffit pour nous joindre.

Rat des villes et rat des champs

On connaît bien le fossé des générations, mais n’y en a-t-il pas un autre tout aussi universel qu’ancestral: dans le coin droit, la campagne, dans le coin gauche, la ville. Leur rivalité précède l’ère industrielle, l’époque même d’un de la Fontaine, et remonte probablement aux cités des civilisations perdues. Quelques phénomènes l’un persistant, d’autres d’actualité et en développement, offrent l’occasion de nous demander ce que sera grandir en ville ou à la campagne, pour les enfants au cours du présent siècle.

La tendance mondiale est à l’urbanisation, on dirait depuis toujours, et s’est accélérée avec la production de masse et la croissance démographique gallopante. Comme le soulignait la Banque Mondiale en 2020, “d’ici 2050, le nombre actuel de citadins devrait doubler, et pratiquement 7 personnes sur 10 dans le monde vivront en milieu urbain.” La relation entre la population urbaine, depuis peu majoritaire pour la première fois dans l’histoire, et les résidents de milieux moins denses, devrait se transformer de manière importante. Bien malin le démographe qui prédira comment. Peut-être serait-il sage d’ajouter les banlieusards à l’équation. Eux, qui ont amené la culture de l’automobile à son apogée, et levé le nez sur les centre-villes, les jugeant inhabitables, tout en les trouvant fréquentables pour leur travail ou leur divertissement.

Deux phénomènes en cours signalent peut-être qu’il est temps de porter un regard neuf sur la tendance démographique lourde déjà mentionnée. D’abord, il y a la peur de la COVID-19 qui a amené tous les travailleurs qui le pouvaient, à travailler de chez-soi. Il reste à voir quel pourcentage continuera à le faire, mais plusieurs ont déjà opté pour maintenir ce mode de vie, et se sont même relocalisés à l’extérieur des grands centres urbains, dans des milieux moins densément peuplés. Notons du même souffle, que les villes ont été peu accessibles aux visiteurs de l’extérieur durant la pandémie. Cette situation a exacerbé un autre phénomène, depuis longtemps dénoncé par les résidents ruraux, loin des grands centres: une connection Internet pitoyable, une bande passante sous-perfomante. Les populations rurales ont longtemps décrié l’inéquité qu’elles subissent dans le service Internet. Les ex-citadins eux, n’accepteront pas de perdre un acquis, peu importe leur éloignement de la ville, de leur lieu de travail. Pas plus tard qu’en avril, l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI) indiquait que “depuis le début de la pandémie, les vitesses en milieu rural atteignent entre un cinquième et un dixième de ce qu’elles sont en milieu urbain (…) les vitesses de téléchargement en milieu rural oscillaient entre 5,5 Mb/s comparativement à près de 50 Mb/s dans le Canada urbain.” Notons que les Canadiens paient davantage pour leur service de télécommunication que les consommateurs de pays similaires.

Parions qu’une nouvelle dynamique ville-banlieue-campagne, avec un renouveau culturel, est déjà entamée. Il semble qu’alors que les villes s’adapteront à l’après-pandémie, les résidents partout ailleurs en feront autant. Ce brasse-camarade démographique pourrait s’avérer révélateur sur le plan de l’harmonie ou des tensions intergénérationnelles. Bientôt, l’escapade du weekend à la campagne du citadin, et le safari-photo en ville du campagnard, pourraient prendre une tout autre allure. Ces deux mondes n’en feront enfin peut-être qu’un.

Le rat de ville et le rat de champs, illustration de Gaston Gélibert (1850-1931). Bibliothèque de l’Institut, in-4, fonds Ehrard 385. Source: Institutdefrance.fr, 28 juin 2021.

Quand des enfants parlent d’eux-mêmes

Y a-t-il quelque chose de plus beau que la découverte de soi? Peut-être avoir le privilège d’assister à celle que fait un enfant. Est-ce la raison qui a poussé Christina Willings, réalisatrice, et Shirley Vercruysse, productrice, à titrer leur documentaire Beauty? Le film, en anglais et en français, donne toute la place à cinq enfants qui partagent les hauts et les bas de cette découverte d’eux-mêmes et nous offrent le privilège d’en témoigner. Un bon moment à vivre que ce visionnement disponible sur le site de l’ONF. Une belle façon de célébrer la diversité, l’inclusion et notre humanité qui grandit.

Beauty, vignette. Source: Office national du film du Canada, 18 juin 2021.

À la mémoire de Françoise Roy

C’est avec tristesse que nous apprenons le décès de madame Françoise Roy (1924-2021), de LaPocatière, Québec. Grande amoureuse de la vie, elle nous manquera à tous, qui avons eu le privilège de la côtoyer. Françoise a connu une longue et riche carrière en enseignement et en counseling familial. Elle a été une pionnière dans l’utilisation du test de Goudenough ou test du bonhomme, dans sa pratique avec les enfants et leurs familles. Françoise a été une des toutes premières inspirations qui ont mené à la création de notre Collection. Son enthousiasme et son enseignement continueront de nous inspirer toujours. Nous lui rendons un bien modeste hommage en publiant pour la première fois ce dessin, par une fillette qu’elle a accompagnée. On peut y voir les notes manuscrites prises par Françoise suite à son entretien avec l’enfant.

Ma famille, c1982. Source: CDIC-CIDE, fonds Françoise Roy.