Le 3 novembre, c’est la JMPN

La Journée mondiale de la préservation numérique (JMPN) est une campagne de sensibilisation annuelle, le premier jeudi de novembre. Cette journée souligne la place significative et grandissante que prennent les données numériques, et rend hommage à ceux et celles déterminés à prévenir la disparition des documents numériques.

La JMPN est une initiative de la Digital Preservation coalition (DPC), un organisme de bienfaisance établi à York (Angleterre), avec des bureaux à Glascow (Écosse) et Melbourne (Autralie). Leur WDPD blog inclut des articles (en anglais) d’un peu partout, dont le Canada. Parmi ses efforts, l’organisme a catégorisé les données numériques en une vingtaine de types, et a développé un système d’étalonnage pour en désigner le degré de vulnérabilité. Selon ce système, les archives personnelles sont à très au risque de disparition.

Source: Digital Preservation Coalition, 2 novembre 2022.

Médiévistes de la marge

Sur ce blogue il y a deux ans, on présentait Onfim. Ce gamin du XIIIe siècle avait tracé un dessin sur un morceau d’écorce, trouvé tout à fait par hasard, parmi d’autres trouvailles archéologiques. Grâce à un nombre croissant de médiévistes intrépides, des images laissées par des enfants il y a des siècles, sont de moins en moins condamnées au hasard, loin du regard de la science.

Les avancées en psychologie du développement de l’enfant ont toujours bien servi parents et éducateurs. Depuis quelques années, voici que ces mêmes avancées viennent en aide aux médiévistes, dans leurs études de documents ancients. Ce sont de bonnes nouvelles pour la conservation de dessins d’enfants.

Deborah Ellen Thorpe détient un doctorat en études médiévales de la University of York (G-B). En 2016, son article Young hands, old books: Drawings by children in a fourteen century manuscript, LJS, MS. 361, paraît dans Cogent Arts and Humanities (Taylor & Francis). Elle y démontre avec finesse et conviction que les mains qui ont tracé trois petits dessins, dans les marges d’un manuscrit du XIVe siècle, sont bel et bien celles d’enfants. Ses obsevations sont fortement appuyées par les travaux de plusieurs chercheuses en psychologie et en éducation artistique.

D’autres médiévistes réputés ont grandement contribué à mousser l’intérêt envers ce que les enfants du Moyen Âge ont pu laissé derrière eux. Pour n’en nommer que deux importants, mentionnons Seth Lere (Devotion and Defacement: Reading Children’s Marginalia, University of California Press), et Nicholas Orme (Medieval children, Yale University Press).

Dessin par un enfant du XIVe siècle dans la marge d’un manuscrit. LJS 361, Kislak Center for Special Collections, Rare Books and Manuscripts, University of Pennsylvania Libraries folio 26r. Source: National Library of Medecine, 9 août 2022.

Du balais

Nous collectionnons des objets bien ancrés dans le quotidien de jeunes familles de partout dans le monde. Nous nous intéressons donc tout naturellement à tous ceux qui en font autant, chacun à sa façon. Près de la ville de Jodhpur dans la partie ouest du Rajasthan (Inde), Arna Jharna: The Thar Museum contribue à cet effort en collectionnant et en présentant des Jhadus, c’est-à-dire des balais.

Fondé en 2000, par le regretté folkloriste Komal Kothari le musée expose plus de 180 types de balais, selon l’article bien documenté de Supriya Newar dans Live History India. Les objets les plus simples peuvent s’avérer une source riche en savoirs et les balais aident les visiteurs du musée à découvrir les cultures régionales des résidents du Rajasthan, leurs travaux, leur spiritualité, ainsi que leur environnement naturel. Un autre article, celui-là par Chelsea Santos, Conservatrice adjointe au City Palace Museum d’Udaipur, nous rapproche un peu plus du Arna Jharna Museum. L’article est publié sur mainlymuseums.com.

En 2016, le pittoresque Musée Calbet de Grisolle (France) a aussi rendu hommage au balais à sa façon, dans une exposition de source documentaire différente et dans une autre perspective.

Balais du Arna Jharna Museum, avec étiquette du nom et lieu d’origine. Photo: Chelsea Santos. Source: MainlyMuseum.com, 20 octobre 2021.

Quand le tri s’impose

L’année scolaire est bien entamée, et déjà les dessins et les gouaches s’empilent. Parents, enseignants, prenez le temps d’aider les enfants à fabriquer leur portfolio, ou pochette à dessins. Cette activité vous donnera l’occasion de passer en revue les images, leur signification et les histoires qu’elles contiennent. Vous pourrez les comparer, en apprécier les qualités. C’est aussi une belle façon de souligner le fait que l’espace de rangement est limité et que des choix s’imposent. Quand vient le temps de conserver, mettre au rancart, ou nous envoyer des dessins pour les inclure dans la Collection, il est préférable que l’enfant participe à la décision. Une façon de faire, est de vider un portfolio de l’an dernier pour le réutiliser à nouveau.

Voyez la méthode de fabrication publiée par Tête à modeler. Chaque étape est simple et bien illustrée, avec peu de matériaux. Faites-le solide et durable. Bon bricolage.

The elements of art. Par Rishi, 2020. Source: CDIC-CIDE.

Semaine internationale des archives 2021

Le Conseil international des archives (CIA) présente encore cette année la Semaine internationale des archives et bien entendu la Journé internationale des archives, le 9 juin. Un événement de sensibilisation autant important qu’il est unique en son genre. Le moment et le thème « Renforcer les archives #RenforcerLesArchives » n’auraient pu être mieux choisis pour nous, qui participons au Défi caritatif canadien tout le mois, et qui lancerons de plus notre propre campagne annuelle ce même 9 juin.

Nous vous encourageons à faire un don et nous aider à grandir et à être fin prêts à multiplier nos efforts, dès que les restrictions sanitaires seront toutes levées. Consulter le superbe programme en ligne offert par le CIA du 7 au 11 juin. Nous ne manquerons pas d’être à la présentation Cité des mémoires étudiantes. Nous n’insisterons jamais assez pour dire que chacun et chacune d’entre nous peut apporter sa contribution à la conservation d’archives personnelles, familiales ou professionnelles, pour en faire bénéficier les générations à venir.

Semaine internationale des archives 2021, bannière. Source: ICA.org, 6 juin 2021.

Quand la décision vous revient

Vous possédez peut-être une grande sensibilité artistique et ne tarissez pas d’éloges pour les dessins de votre enfant. Vous avez aménagé un coin pour le bricolage, vous avez un système en place pour encadrer et affichez les plus belles images, soit dans la cuisine ou ailleurs dans la maison. Surtout, vous impliquez votre enfant dans la décision, quand vient le temps de garder, réutiliser ou mettre le tout au recyclage. Toutefois, votre déception grandit chaque fois que votre enfant vous laisse entendre que le tout peut aller à la poubelle. Votre enfant ne partage pas votre enthousiasme pour le dessin.

Le dessin, comme activité ou ce qui en résulte, n’est peut être simplement pas le centre d’intérêt de votre enfant et c’est ainsi. Il n’a pas de quoi en faire une histoire. Votre propre sensibilité artistique n’a pas à converger avec votre accompagnement ou votre jugement parental. Il est probablement temps de décider pour vous-même si l’appréciation et la préservation des images réalisées par votre enfant ne devrait pas être votre propre projet personnel, tout simplement. Qu’il s’agisse d’un projet à moyen ou à long terme. En tant que parent, garder la trace du développement cognitif de votre enfant, sa capacité de raconter en images, ses interprétation de jeux entre amis ou de moments en famille, peut bien être votre affaire à vous. Votre enfant n’est peut-être pas aussi intéressé pour le moment, mais peut-être que son point de vue sera différent à l’age adulte. Vous voudrez peut-être connaître sa réaction dans pusieurs années, quand vous lui ouvrirez vos préciseuses archives. La réponse en sera probablement une de joie et de gratitude. Bien qu’il soit aussi possible qu’un « vraiment, pourquoi », soit au rendez-vous. Encore là, il n’y aura pas lieu de s’étonner ou d’être déçu, car vous saurez précisément pourquoi et n’en regretterez pas un instant.

Mon rêve, par Valérie, c1982. Source: CDIC-CIDE, 12 octobre 2020.

Soulignons la Semaine Internationale des Archives

Demain, le 9 juin, marque la Journée Internationale des Archives célébrée toute la semaine à travers le monde. Pour une deuxième année nous profitons de ce moment pour lancer une campagne de financement, qui se poursuivra jusqu’à la Journée Internationale des Droits de l’Enfant, en novembre.

Prenez quelques minutes pour faire un don à notre organisme, si modeste soit-il, qui nous aidera énormément. C’est une bonne façon de nous signaler que vous appuyez notre mission, et nous encourager à persévérer. Nous vous remettrons un reçu officiel pour fin d’impôt.

Nos trois programmes de base ont besoin d’appuis. Après une période intense de développement de nos politiques de gestion, nous visons le déploiement du plan d’action et d’activités de sensibilisation.

Programme de collection – Nous avons besoin d’aide pour la distribution d’enveloppes préaffranchies aux contributeurs d’artéfacts à la collection.

Programme de conservation – Nous avons besoin d’aide pour les frais de numérisation grand format, et faciliter la recherche de notre base de donnée.

Programme d’accès et d’éducation – Nous avons besoin d’aide pour équipe nos kiosque pour les événements publiques et les frais de publications, tant imprimées que sur les réseaux.

Pour souligner cette semaine des archives et le lancement de notre campagne annuelle, nous mettons à l’affiche une image toute spéciale de notre collection. Mon professeur chante a été créé vers 1969 par un élève de deuxième année. L’image dépeint une enseignante entre une fenêtre et un pupitre vert, avec au dessus de sa tête deux petites notes de musique. Et oui, notre propore logo provient tout droit de cette belle composition. Nous tenons ainsi à offrir nos encouragements à tous les étudiants qui ont vu leur année scolaire bousculée par la pandémie et qui se demandent à quoi ressemblera la rentrée à l’automne.

Mon professeur chante. c1969. Source: CDIC-CIDE.

Chacun de nous un pont

En ce printemps de distanciation sociale, on entend souvent dire qu’il y aura un avant et un après pandémie. Qu’est-ce à dire? Il y a toujours eu un avant et un après, et tout indique qu’il y en aura un encore pour longtemps. Il s’avère que nous nous retrouvons tous dans la même situation menaçante, de changements rapides. Une situation qui nous apporte une sensibilité maintenant aigüe de cet avant et après assourdissant.

Se préparer à un avenir qui est plus éloigné qu’immédiat, est une façon d’entretenir sa résilience et d’encourager les autres à en faire autant. C’est pourquoi aujourd’hui nous vous invitons à organiser vos propres archives, comme projet personnel ou familiale, pour les générations à venir. Chacun de nous est un pont. Un pont entre le passé et l’avenir. Il suffit d’assumer cette responsabilité de dire et de montrer son histoire, chacun a sa façon et selon sa perspective. Le bonus, c’est un projet qui peut apporter son lot de surprises et de plaisir. Revisiter le passé récent ou lointain, peut nous faire réaliser que même le passé change rapidement, quand on l’emballe pour l’offrir en présent, plus tard.

Comme point de départ, on vous recommande ce petit guide très abordable, publié par l’Association des archivistes du Québec : Comment gérer vos documents personnels.

Pont, c1966. Source: CDIC-CIDE.

Pour aller plus loin dans le temps

Nous débutons l’année en lançant un appel à tous, petits et grands. Quelles sont les plus vielles images que vous contribuerez à notre collection? Qui contribuera les premières et nouvelles images de la décennie qui commence? Ci-dessous et côte-à-côte, se trouvent deux images couvrant plus de soixante-dix ans. À gauche, on retrouve l’une des plus vieilles de la collection. C’est un collage fait par une jeune canadienne dans sa classe de première année, au début des années 1940. À sa droite, un dessin d’une jeune fille du même âge, fait au début des années 2010. Nous croyons qu’il est important de démontrer l’importance historique de ces objets. Nous croyons que cela n’est possible qu’en en collectionnant et préservant le plus grand nombre possible. Bref, en les sauvant, car beaucoup trop ont déjà disparu.

Gauche : Tulipe, collage par une élève de première année, c1940. Droite : Maman Menga, dessin par une élève de première année, c2010. Source : CDIC-CIDE.

Vers un accès complet en ligne

Nous planifions la mise en ligne d’un outil de recherche pour un accès complet à notre collection. Dites-nous ce qui vous intéresse le plus dans le dessin d’enfant et quels critères de recherche vous guident. Dites-nous par exemple, si vous souhaitez chercher par pays d’origine, date, âge, sujet dépeint, thème ou tout autre critère. Si vous utilisez souvent un moteur de recherche que vous aimez particulièrement, merci de nous le partager. Nous nous intéressons à ce jour surtout au logiciel libre Access to Memory, de la firme Artefactual Systems.

Access to Memory (AtoM) logo.
error: Content is protected !!