Du bout des doigts

Vous êtes-vous déjà demandé si vous teniez votre crayon de la manière la plus efficace? Cela vous surprendra peut-être, mais il y a plus d’une bonne façon de tenir son crayon. C’est ce qu’explique l’ergothérapeute Josiane Caron Santha dans un article publié sur Educatout. Elle y décrit les prises tripode and quadripode qui facilitent tous deux le mouvement des doigts.

Voyez aussi son site web Académie JCSI où elle raconte sur vidéo aux enfants, l’histoire d’une famille qui monte en voiture, avec comme destination la prise dite tripode.

Enfin, découvrez les oeuvres d’art sur lesquelles on peut voir des mains qui écrivent, dans les deux articles par Howard Oakley, sur son site web Eclectic Light Company: Paintings of Writing 1 & 2.

Proper way to hold a pen. The Popular Educator, Vol. 1., 1888. Par John Cassell. Source: Wikimedia, 9 octobre 2022.

Prête-moi ta plume

Le bricolage est une belle façon de partager une leçon d’histoire. Une leçon d’histoire se veut l’occasion de contempler ce qui n’est plus, ainsi que ce qui a perduré jusqu’à nous.

Si vous vous lancez dans la fabrication ou taille de plumes d’oie avec votre enfant, commencez avec le traitement de texte sur votre ordinateur. Consultez le vaste choix de polices, et voyez si vous pouvez distinguer celles clairement inspirées d’une autre époque, des plus modernes. Vous repèrerez rapidement Old English, Palatino, New Roman, Garamond, et plusieurs autres. Ce sont celles avec empattements.

Ensuite, demandez à votre enfant de trouver les sortes d’outils d’écriture disponibles chez-vous. Vous en aurez peut-être plus que vous pensiez, des crayons à mines, des stylos à bille, des feutres, des crayons de cire, des craies. Peut-être même avez-vous une plume métallique. Invitez votre enfant à rédiger l’alphabet avec chacun d’eux, puis comparez-les attentivement. Utilisez une loupe au besoin. Portez attention à l’épaisseur des traits, à la présence ou l’absence d’empattements.

Vous êtes prêt à entreprendre votre bricolage, puis à découvrir comment la plume permet de tracer ces belles lettres anciennes. Un des meilleurs guides que nous avons repérés est celui de Atelier enluminure Marie-Eve. Un des nombreux vidéos du web fera aussi l’affaire. Pour des modèles, ou pour acheter des plumes, Le Calligraphe en a de superbes, ainsi que de l’encre et du papier.

Quelle que soit la méthode que vous choisirez, il y a plusieurs choses à garder à l’esprit. D’abord l’hygiène. Si vous vous procurez des plumes directement d’une ferme, assurez-vous de bien les laver, les stériliser, et les sécher, avant de les manipuler à mains nues et de les tailler. Deuxièmement, la sécurité. Pour un meilleur résultat, vous devrez tailler avec une lame courte et tranchante, afin d’avoir le meilleur contrôle possible. Ayez plusieurs plumes car il vous faudra peut-être plusieurs tentatives, ou vous voudrez expérimenter différentes coupes. Lorsque votre plume est prête, il ne vous manquera que l’encre pour écrire à l’ancienne, votre propre recette de potion magique. Écrivez sur différents papiers pour adopter celui qui répond le mieux à vote plume.

Enfin, prenez le temps de parcourir quelques livres ou le web avec votre enfant, afin de repérer quelques polices de style ancien. Un livre récent sur le sujet avec une foule d’illustrations est The Eternal Letter (MIT Press, 2015), édité par Paul Shaw.

Plume d’oie taillée. Photo/Source: Atelier enluminure Marie-Eve, 19 août 2022.

Vision scientifique

Les illustions d’optique sont tellement amusantes. Quand il en apparaît une nouvelle, on ne peut que se laisser prendre au jeu. Donnez à vos pupilles dilatantes une petite vacance bien méritée, ici-même.

Récemment, trois chercheurs ont publié un article intitulé The eye pupil adjusts to illusory expanding holes, dans lequel ils révèlent la nouvelle illusion d’optique ci-dessous. Les neuropsychologues Bruno Laeng et Shoaib Nabil, tous deux du département de psychologie de l’Université d’Oslo, et Akiyoshi Kitaoka, de l’Université Ritsumeikan (Japon), ont entre autre relevé une grande variabilité dans les réactions des pupilles des participants, aux images qu’on leur a proposées. Parmi leurs observations fort intéressantes, ils notent que les pupilles des sujets réagissent plus intensément au « trou » lorsqu’il est noir, plutôt que de différentes couleurs. Et bien dites-donc? Comme quoi le côté obscur a toujours un certain attrait.

Quelle est votre illusion d’optique favorites? Connaissez-vous le Musée de l’illusion de Toronto, ou ceux de Paris et Lyon? Pour un livre bien illustré, voyez L’art des illusions d’optique, d’Agata Taramanoff, aux Editions de la Martinière.

Le « trou en expansion » par Akiyoshi Kitaoka de l’Université Ritsumeikan.
PHOTO : UNIVERSITÉ RITSUMEIKAN/AKIYOSHI KITAOKA. Source: Frontiers.org, 22 Juillet 2022.

Entrevue avec Roger Clark Miller

Nous venons d’ajouter une autre entrevue (en anglais) à notre chaîne Youtube. Profitons-en pour inviter tout artiste francophone ou francophile qui voudrait se prêter au jeu de notre série d’artistes professionnels qui ont une création d’enfance à partager.

Musicien, compositeur, artiste conceptuel Américain, Roger Clark Miller a partagé avec nous un dessin qu’il a fait en 1966, à quatorze ans. Quelle chance que cet adepte d’archives personnelles puisse nous montrer cette image et nous raconter son histoire.

Il le nomme un GROB et le dit plutôt baveux, même vulgaire. Assez malaisément juvénile en effet, même encore aujourd’hui, si on en croit le Urban Dictionary. Cependant, je ne me serais pas douté avant de préparer ce texte, que GROB était aussi le nom d’un fabriquant d’avion allemand, et qui plus est d’un sigle à saveur legale en philanthropie (Gift with Reservation Of Benefit, ou donation avec réserve), tel que l’explique l’avocat Sian Davies pour Co-op Legal Services au Royaume Uni. Combien à propos! Nous sommes après tout un organisme de bienfaisance. Faites donc généreusement le don d’un « GROB », ou sous une autre forme, à votre bon vouloir.

Interview with Roger Clark Miller. Source: chaîne Youtube de CDIC-CIDE, 10 juillet 2002.

Le défi amusant du dessin au trait continu

C’est le genre d’activité qu’on ne peut pleinement apprécier qu’en la pratiquant. Le dessin au trait ou à la ligne continue est connu pour ses effets qui allient souvent simplicité apparente et mouvement. Sous le couvert de l’aisance et la fluidité expressive, se cache l’effort de visualisation intense du dessinateur. Faire un dessin figuratif avec une seule ligne, sans lever le crayon, apporte son lot de surprises, et facilite l’exploration artistique. La récompense vaut toujours l’effort et la prise de risque.

En guise d’inspiration dans le domaine, faites la découverte de l’histoire touchante de l’artiste Dane Khy qui s’en est fait un réconfort, suite à la perte de son animal de compagnie canin. Sur son site web WOL (With One Line), on peut voir comment il a intégré le dessin au trait continu à de grandes murales et comment aussi la technique intègre bien la couleur et s’adapte au portrait.

Parmi les meilleurs conseils pour apprendre la base de la technique, ceux de l’artiste française Amylee Paris, sur amylee.fr. Elle y partage les siens, offre quatre petites étapes facile à suivre et quelques pièges à éviter.

Pour conclure, rien de tel que les images réalisées avec le jouet rétro et toujours indélogeable Télécran (Etch A Sketch). Surtout celles par l’artiste américaine Jane Labowitch, alias PrincessEtch . Une sélection de ses oeuvres amusantes et stimulantes sont en vente sur Etsy. Elle est également une illustratrice et designer web prolifique.

Jouet Etch A Sketch ou Télécran. Par SpinMaster. Source: SpinMaster.com, 8 mars 2022.

Mandalaland

Allez faire un tour du côté du mandala et vous trouverez mille et une façons d’exercer votre créativité en famille. D’un simple cercle tracé au crayon puis orné spontanément, aux entrelacs complexes dessinés et coloriés méticuleusement, chacun y trouve son compte. Colorier est votre dada? Même pas besoin de le dessiner, tellement il est facile d’en trouver un tout fin prêt pour vous. Plus simple encore, amassez quelques objets divers et assemblez un mandala éphémère, le temps d’une pause.

La tradition du mandala transcende les cultures, les mouvements religieux et on le retrouve même sans s’en étonner dans la société de consommation aujourd’hui. À la fois empreint de profondeur et de légèreté superficielle, voila bien cette image riche de sens et humble à la fois. Impossible d’ignorer sa beauté envoûtante et la joie qu’il appelle. Seul ou en groupe, faire des mandalas nourrit la patience, le sentiment d’appartenance au monde et la capacité d’introspection.

Lisez l’article en français de Joshua J. Mark, si bien documenté avec de nombreuses photos, publié par la prisée World History Encyclopedia. Des artistes ont aussi fait du mandala leur spécialité. C’est le cas de Jamie Lockeart qui vend de beaux bijoux, lanternes et tabourets de méditation. Pour ce qui est de « Mandalaland« . Et bien il s’agit d’une librairie en ligne de livres à colorier tout à fait rigolos, situé à Bogota, Colombie.

Kalachakra thangka painted in Sera Monastery, Tibet. Photo: Kosi Gramatikoff. Exploration of the esoteric dreams of the Himalayas. Source: ResearchGate, 23 février 2022.

À la mode de chez-nous

On a récemment parlé d’art miniature et de poupées de papier. On poursuit sur les petits vêtements, que les enfants et les adolescents peuvent créer eux-mêmes.

Commençons avec des trousses de jouets qui inspirent les enfants à dessiner, à s’exprimer et à developper leur dextérité. Voici deux compagnies qui en offrent. MasterMind Toys vend des trousses thématiques, pour les vêtements, le tricot, la teinture, les sac à main et pleusieurs autres. Chez Earth Song, on trouve une trousse complète avec un mannequin de 30 cm.

Pour les jeunes adolescents, voici une activité de dessin de mode toute simple offerte par l’Atelier Canson. Il est possible de la télécharger et de l’imprimer.

Un service qui ne manquera pas d’intéresser les adolescents, comme leurs parents, qui se passionnent pour le design de mode, est celui de la styliste et graphiste Alice Debarge. En plus de ses formations, elle offre un accompagnement complet pour la création d’une marque, d’une ligne de vêtement, de sa mise en valeur et sa commercialisation.

Collage en jaune. Yvon, c1965. Source: CDIC-CIDE.

La poupée de papier à l’avant-plan

L’âge d’or de la poupée de papier est terminé depuis longtemps, mais sa persistence dans le temps ne saurait mentir. La poupée de papier amuse, captive les tout petits, et reste abordable pour les parents. Aujourd’hui, on doit sa survie davantage aux éditeurs de livres et artisans, qu’aux fabriquants de jouets. Il peut être compliqué de s’y retrouver dans les produits de consommation, surtout si vous êtes un parent soucieux des stéréotypes et des enjeux autour de l’image corporelle. Selon nous, les meilleures offres viennent de Dansereau par Dominique Dansereau et Paper Thin Personas par Rachel Cohen.

Peut-être est-il encore mieux de la fabriquer soi-même à partir d’une photo de famille. C’est ce que conseille si bien Kelly Burstow de Be A Fun Mom. Utilisez la photo découpée pour tracer une silhouette et dessiner des vêtements avec languettes. Une alternative à la photo est simplement de la dessiner. Fabriquer une poupée de papier donne l’occasion des dessiner, découper et manipuler des images qui stimuleront l’imaginaire pour raconter des histoires en famille.

Pour les adeptes du passé, la poupée de papier a une longue histoire et il existe un vaste marché pour les collectionneurs d’antiquités. La poupée de papier et l’industrie de la mode sont inséparables. Ainsi, la poupée de papier, comme toutes ses cousines, est porteuse de l’image corporelle et des rôles genrés de sa culture d’orgine. Le National Women’s History Museum a publié en 2016, un court article bien documenté sur l’histoire de la poupée de papier, d’une perspective féministe.

Du côté de l’art contemporain pour grandes personnes, impossible d’ignorer le projet artistique grandeur nature et documentaire de l’artiste new-yorkaise October Lane. The Paper Doll Project appelle à la réflexion et peut être d’une aide précieuse pour les parents d’adolescents.

Exemples de vêtements pour poupée de papier. Source: Dansereau.co, 23 Janvier 2022.

Voir grand: l’art miniature

Les confinements successifs et les restrictions d’accès durant la pandémie amènent les artistes et autres “créatifs” à redécouvrir les charmes de l’art miniature. Les articles de presse sur les galeries miniatures gratuites se sont multipliés au cours de la dernière année. Le Seattle Met, le Washington Post (2 articles), TimeOut, Urbanicity, la CBC, le Toronto Star, même le Smithsonian Magazine ont démontré leur intérêt pour ces mini-galeries d’art.

Ces reportages nous apprennent que les petits espaces aux allures de maisons de poupée sont déjà installés aux Etats-Unis à Seattle, Portland, Austin, Oakland, Phoenix Atlanta, Washington D.C., Brooklyn, Hyattsville, et aussi au Canada à Edmonton et plus récemment à Hamilton. L’artiste Elaine Luther en a repéré en Suède, en Pologne et au Mexique. S’autoproclamant dénicheuse de mini-galleries d’art, elle a lancé un site web pour nous aider à suivre l’expansion de l’empire.

Ce phénomène grandissant est une bonne nouvelle pour les artistes. Cela représente une façon de plus de faire voir leurs œuvres et de rejoindre un public varié, à proximité et sur le web. C’est aussi une bonne nouvelle pour les enfants et pour la vie de quartier, puisque la petite galerie peut accueillir les objets de n’importe qui, pourvu qu’il y ait de la place. Chacun peut y déposer ou prendre une oeuvre. C’est le même principe que le populaire réseau de petites bibliothèques libre-service.

Les artistes de l’État de Washington sont certainement les catalyseurs du mouvement. Stacy Milrani a été une des pionnières et sa petite galerie est une des plus fréquentées. Quant à elle, Jennyfer McNeely a apporté une toute autre dimension à l’aventure, en créant une conservatrice d’exposition fictive, Margaret Supperfield, une poupée, qui a son propre compte Instagram. Pour Katy Strutz, confectionneuse de poupées, l’appel du miniature allait déjà de soi.

Il est intéressant de constater que ce nouvel engouement pour le miniature arrive au moment où, à l’autre extémité de l’échelle on voit émerger l’art dit immersif, avec son gigantisme et ses superlatifs. Faisant maintenant son apparition dans de grands musées bien établis, les expositions immersives présentent les images de Van Gogh, Klimt, Schiele, Klee et aussi d’artistes contemporains. De tels événements sont ouverts au public à Miami, Atlanta, Houston, Las Vegas, Los Angeles, Toronto, Bordeau, Dubai, Shangai, Macao et Tokyo. Les promoteurs déploient des moyens technologiques sophistiqués pour attirer de nouveaux publics vers les arts visuels et stimuler le tourisme. Le palmarès de Bea Mitchell des tops 11 événements immersifs sur Blooloop, nous montre à quel point cette approche de l’art contraste avec l’art miniature.

Historiquement, l’art miniature a toujours fait partie des grandes collections. Il n’a jamais non plus été absent de l’art contemporain, même s’il n’a pas été de ce qu’on qualifie de blockbuster dans les grands musées, avec leurs gros édifices. Encore aujourd’hui et depuis 30 ans, la Biennale Internationale d’Art Miniature présente de tels œuvres dans la petite ville nordique de Ville Marie, au Québec. Plus d’une dizaine de pays ont été représentés l’été dernier. De l’autre côté de l’Atlantique, à Paris, le public a encore quelques jours pour visiter l’exposition Small is Beautiful. Cette exposition organisée par Encore Productions et Fever, présente les oeuvres miniatures de 20 artistes et des ateliers pour les enfants.

Plus bas, les photos nous fait voir une petite galerie libre-service qui vient tout juste de voir le jour à Hamilton, Canada. L’enseignant d’art Matt Coleman en est l’instigateur. Une artiste de l’endroit y plaçait sa propre contribution, lorsque j’y ai déposé l’édition limitée d’une impression réduite d’un dessin de mon cru.

Ma neige arc-en-ciel

L’hiver s’est installé dans l’hémisphère nord. Voici la saison pour revoir notre manière de dessiner ou de peindre la neige. Bien sur qu’on peut la garder blanche, mais de quel blanc au juste? Et puis pourquoi pas d’une autre couleur? Belle occasion d’aller jouer dehors ou d’explorer les arpents de neige que l’histoire de l’art a à offrir.

Un bel article par Gritta von Toll sur le site des marchands d’art suédois Barnaby’s inclus de célèbres tableaux sur plusieurs siècles. N’y manque peut-être que l’apport de non moins célèbres Canadiens tels les membres du Groupe des Sept, ou bien le prolifique Clarence Gagnon et le grand Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté. On peut voir les oeuvres de certains d’entre eux, dans un article par Krista Broeckx sur le site web du Musée des beaux-art du Canada.

Bonhomme de neige. Gouache sur papier, c1963. Par Yvon. Source: CDIC-CIDE.
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