Coup de pinceau

Les suggestions ne manquent pas sur le web pour apprendre à fabriquer ses propres pinceaux. On vous présente la démonstration la plus surprenante que nous ayons trouvée. Inspiré d’un texte datant du XIVe siècle signé Cennino Cennini, le groupe médiévaliste Les Chavaliers d’Avalon a publié un article avec les bons tuyaux et qui redresseront les poils de certains lecteurs. Les photos sont excellentes et vous donneront peut-être le goût d’ajouter vos propres enluminures à vos livres.

Pour découvrir comment les pros les fabriquent aujourd’hui, visitez daVinci Pinceaux pour artistes, situé en Allemagne.

Pinceau en écureuil. Source: LesChevaliersdavalon.ch, 18 May 2021.

Entrée des artistes

Bien des artistes ont dû se réinventer durant la pandmie. Macaire Everett elle a transformé l’entrée devant chez elle en studio extérieur, avec tous les défis météorologiques que cela implique. D’artiste à la craie, au début de la pandémie, la voici maintenant autrice. Avec son frère Camden, sa muse, elle vient de publier son son premier livre. Le merveilleux ouvrage regroupe plus de 120 photographies pleine page, de dessins à la craie qu’elle a réalisés.

Le livre en anglais The world from our driveway (sur Amazon) nous plonge dans l’aventure de l’adolescente et de son jeune frère, qui font face à l’impératif apprentissage à la maison, imposé par la pandémie. Une section du livre nous montre le travail de préparation et de documentation des dessins. Chaque page offre à apprécier les multiples sources d’inspiration. Ce qui rend cette histoire si touchante, est de voir comment l’impulsion de départ de se protéger, voire s’immuniser, coûte que coûte contre l’ennui (en plus du virus), s’est transformé en mission familiale et communautaire pour encourager la résilience et apporter du bonheur tout azimut.

Macaire a partagé allègrement ses images sur les réseaux sociaux. Un de nos articles de l’été dernier avait présenté son très populaire compte Instagram. Quel soulagement de savoir que son travail, bien qu’éphémère en soi, puisse être mis en mémoire sur papier. Peut-être l’entrée d’auto elle-même sera-t-elle un jour désignée patrimoine reconnu par l’UNESCO. Fabulation? Après tout, les musées du monde ne se précipitent-ils pas en ce moment, pour documenter la vie durant cette pandémie?

Les compositions de Macaire sont chacune si inspirées et attrayantes, qu’il est impossible d’en faire sortir une du lot. Avec la Fête des Mères à nos portes, il faut voir le dessin cadeau d’anniversaire que Macaire à offert à sa mère. Le seul réalisé à l’intérieur par un jour de pluie, ne manquera pas de vous émouvoir. Pour nous à la Collection, s’il faut en pointer un en paticulier, ce sera celui intitulée We are all in this together (tout le monde ensemble). Un titre bien à propos pour la pandémie, mais aussi parce que c’est le seul dessin pour lequel Macaire a puisé dans ses propres archives personnelles et pour lequel elle s’est mise en scène au côté de sa muse. Dans cette fresque, le personnel et l’universel se rejoignent pour le plus grand bonheur du lecteur.

The world from our driveway, couverture arrière. Par Macaire Everett. Source: Amazon.ca, 4 mai 2021.

Sans papier sensible

On sait que le dessin est au coeur de notre Collection. Il reste qu’elle ne s’y limite pas et ce blogue a abordé d’autres formats par le passé. Prenons seulement les récents articles sur l’art du collage et aussi celui sur le carnet de note et le journal personnel. Toutefois, un support que nous n’avons pas encore abordé est celui de la photographie par les enfants.

Normal, puisque si l’accès au papier et aux crayons est encore loin d’être universel, l’accès aux caméras par les enfants reste encore bien marginal, disons-le. Bien entendu que laisser les enfants manipuler un équipement coûteux et fragile vient avec un niveau de stress dont un parent se passerait volontier. Il y a tout de même des façons d’y arriver sans encombre et choisir le bon moment pour donner cette responsabilité à un enfant est le premier pas. Lui donner une mission enlevante avec un but précis est aussi une façon d’aller chercher son adhésion et prévenir la négligence. Par exemple, l’activité photographique peut complémenter un cours de dessin, ou un projet documentaire durant des vacances. Faire participer les parents ou le reste de la famille est un atout de plus pour la réussite du projet. Plus les images seront visionnées et commentées, plus l’enfant se sentira valorisé et responsable. La prise de photos peut constituer une activité bien éphémère dont on se lasse assez vite. Afin de maintenir et accroître l’intérêt de l’enfant, il vaut mieux orienter l’activité du photographe vers un but clair et l’accompagner à chaque étape. La prise de photos peut conduire à des compétences esthétiques accrues, un plus grand sens d’observation, d’analyse et même de nouvelles habiletés en dessin.

Un organisme sans but lucratif a par ailleurs mené l’exercice encore plus loin, en mettant en place des programmes de photographie par les enfants qui en font un travail d’équipe, une activité de croissance personnel et de changement social ancrée dans la communauté. Découvrez 100 Cameras. Établi à New York, l’organisme mène des projets dans plusieurs pays qui permettent aux jeunes de se raconter en images à l’aide de caméras. Les images sont vendues en ligne, et les revenus ainsi obtenus servent à financer des projets locaux choisis localement. Des programmes pour les éducateurs sont aussi offerts. Nous ne savons pas encore si les photographes conservent leur fichier numérique initial, ou si les clichés ne sont imprimés que lors d’un achat, ou si le photographe reçoit une impression. Si vous découvrez ces détails, écrivez-nous.

Symbole de photographie pour Wikipedia 20,  par Jasmina El Bouamraoui et Karabo Poppy Moletsane. Source: Wikimedia.org, 28 avril 2021.

Collage, collage, quand tu nous tiens!

Les achats en ligne ont explosé en 2020. Pour les créateurs récupérateurs, ça ne veut dire qu’une chose: une manne de matériaux d’emballage bons pour des oeuvres multimédia. Voici quelques pistes pour adhérer pour de bon au monde saisissant du collage.

Pour les enseignants et les parents créatifs, la référence qui s’impose est le livre Il était un bout de papier, d’Andréa d’Aquino aux éditions Eyrolles. Le plus récent Collages créatifs, de Julie Adore chez le même éditeur, est tout aussi bien illustré.

Pour vous impreigner de cette technique artistique, le gourou en la matière est sans contredit Pierre Jean Varet. Il vient de publier aux Éditions P.J. Varet, le Dictionnaire des techniques utilisées dans l’art du collage. L’ouvrage de référence suit trois décennies d’écrits sur le sujet, dont les deux volumes de son Traité sur les techniques de l’art du collage, parus en 2017. Ses vidéos vous aideront entre autres à bien choisir vos colles. L’artiste a fondé le musée Artcolle à Plémet (France).

Ci-dessous, le plus ancient collage de notre Collection, datant des années 1940. Il s’agit d’une nature morte, assemblée par Lisette, à partir d’une trousse scolaire de l’époque. Bess Bruce Cleaveland (1876-1966) était une artiste et illustratrice prolifique.

Nature morte, collage, c1945, par Lisette. Source: CDIC-CIDE.org.

Prête-moi ta plume

Les enfants dessinent, peignent, assemblent et construisent, mais ils écrivent aussi beaucoup. On demande souvent aux élèves à la petite école de décrire leurs dessins verbalement ou à l’écrit. Cette tâche peut paver la voie à une longue suite d’écrits personnels, que ce soit dans la bande dessinée, le journal personnel ou la poésie.

Les détaillants offent une panoplie de produits de type journal intime, ou carnet de voyage ou de projet, pour tous les goûts. C’est là un des cadeaux les plus significatifs et durables qu’un parent puisse offrir à son enfant. Nous aimons beaucoup comment Quo Vadis le présente et ce qu’ils en disent. Par ailleurs, découvrez les bienfaits de l’écriture personnelle dans le court article de Nathalie Rondeau publié en ligne par Mouvement santé mentale Québec.

Écrire sur soi ou pour soi, n’est peut-être pas pour tous. Soit. Écrire sur quoi que ce soit qui nous tient à coeur est toujours une bonne idée. L’écrire sur papier plutôt qu’à l’écran pourrait même rendre la chose plus mémorable et amusante quand viendra le temps d’y revenir dans le futur. Nous avons récement découvert la formidable Revue canadienne d’expo-sciences. Une publication hors pair qui démontre aux enfants qu’eux aussi peuvent écrire à propos de leurs projets scientifiques et leurs découvertes!

Le lapin rêve à un aigle, par Mathieu, c2000. Source: CDIC-CIDE.org.

Les petits bonshommes

Il y a à peine un mois ici-même, on rendait hommage au bonhomme allumette. Plusieurs ont bien aimé, alors pourquoi se priver? Juste pour faire durer le plaisir, laissons l’artiste anglais Chris Kenny nous inspirer. Ses charmants personnages en mouvement sont faits de brindilles trouvées et d’une bonne dose de contemplation. Partagez ce que vous trouverez lors de votre prochaine promenade en nature. Nous aimons aussi beaucoup ses oeuvres rassemblant efficacement textes et images.

Douze brindilles, 2019. Par Chris Kenny. Collection Kalmthout Arboretum, Belgique. Source: ChrisKenny.co.uk, 23 février 2021.

Hommage au bonhomme allumette

Nul doute qu’il mérite son propre musée ou un temple de la renommée. Le bonhomme allumette est probablement parmi nous depuis des milliers d’années, bien avant les allumettes (d’ailleurs comment l’appelait-on autrefois?). Ce symbol irrépressible à la fois de la simplicité humaine et de notre sens de la communication, est omniprésent encore aujourd’hui, dans la signalétique et la publicité à travers le monde.

Ces dernières années son alter ego anglophone (stick man) est devenu héro de livres pour enfants signés Julia Donaldson and Axel Scheffler. De ses aventures ont germés des films d’animation et même une comédie musicale (Freckle Productions). Si le bonhomme allumette n’a jamais pu être ignoré, il est grand temps de le reconnaître à son juste titre.

Sur une note plus songeuse, il est permis de se demander si on ne devrait pas considérer le bonhomme allumette comme une preuve indélébile que notre capacité de régression (consciente ou non), en plus d’être un mécanisme de défense à la portée de tous, serait une partie intrinsèque de notre hygiène cognitive et collective. Que le bonhomme allumette ait toujours meublé l’espace tant des enfants que des adultes est certainement matière à réflexion.

ScienceXplosion – Illustion d’optique, capture d’écran. Source: Parlonssciences.ca, 26 Janvier 2021.

Un pied devant l’autre

Toute une année de pandémie. Confinement, distanciation sociale, télétravail et école à la maison, peut-être même un couvre-feu. Notre sens de la discipline et notre patience sont mis à l’épreuve. Que faire? Laissons la récente chute de neige record (50 cm) à Madrid nous inspirer à aller jouer dehors et dessiner pas à pas dans la neige ou le sable. C’est un bon exercice mental et physique, sans papier, ni écran, ni crayon (caméra optionnelle pour préserver et partager l’oeuvre éphémère).

Vous pouvez même suivre les traces de l’artiste-ingénieur Simon Beck et faire des mathématiques pour l’occasion. Commencez avec de simples formes géométriques et augmentez le niveau de difficulté sur une surface bien choisie. Surtout, profitez-en pour réfléchir sur le sentiment ressenti pendant que l’image disparaît et combien de temps elle aura durée. La pandémie ne durera pas. On peut déjà forger le souvenir qu’on en aura.

Impression d’écran, Simon Beck sur Instagram. Source: Instagram.com/simonbeck_snowart, 10 décembre 2021.

Paroles d’enfants

Notre Collection est d’abord connue pour les dessins, peintures et collages qu’elle contient, mais nous nous intéressons tout autant aux créations numériques, audios et multimédia. Nous abordons aujourd’hui l’enregistrement vidéo et cinématographique de la parole enfantine.

Comme nous l’apprenait Marshall (McLuhan), le médium est le message et bien entendu les réseaux sociaux sont essentiellement de grosses machines à publicité. Mais ceci dit, il est assez rafraîssissant de voir et d’entendre les enfants s’exprimer sur Pinterest, Youtube ou Tik Tok sous la supervision bienveillante de leurs parents. Leur contenu est généralement des plus spontané et authentique, à part quelques enfants vedettes mis en scène par des parents spécialistes en marketing ou eux-mêmes vedettes du web. Les réseaux sociaux rendent le mieux les intérêts ludiques et la créativité des enfants. Le bonheur que les enfants ont à partager leur fierté dans leurs réalisations et leurs habilités est palpable.

Ce que les réseaux sociaux font moins bien, c’est permettre un degré d’attention et un espace, aussi virtuel soit-il, propices à un partage des réflexions sérieuses et individuelles des enfants, sans que ces réflexions soient teintées d’une intention pédagogique ou thérapeutique. Ce niveau d’attention et cet espace de dialogue authentique n’ont été rendus possibles à ce jour que par des documentaristes. Malheureusement, ces captations d’enfants qui ont bien des choses à dire, ne sont pas légion et on les souhaiterait plus fréquentes et plus largement diffusées.

Nommons deux de ces documentaires à 20 ans d’intervale et probablement inconnus de presque tout le monde. Paroles d’enfants, scénarisé et réalisé par Isabelle de Blois (Production Triangle, 2017). Ce documentaire nous fait rencontrer une quarantaine d’enfants des régions du Québec. Le tout est filtré par une vision somme toute idéalisante de l’enfance comme pleine de potentiel plutôt que force vive et actuelle. Autre époque, au continent, même titre, Paroles d’enfants, réalisé par Eric Guéret et Oumar Sall (Mangui Films, 1999) nous transporte dans les rues du Sénégal, à la rencontre d’enfants confrontés à leur enfance qui fuit. Ces documentaire à ne pas confondre avec Paroles d’enfants, film de fiction pour la télévision française, réalisé par Miguel Courtois en 1996.

Paroles d’enfants, bande annonce. Source: Productions Triangle, Vimeo, 22 décembre 2020.

De la musique à nos oreilles

Les plaisirs du dessin et de la musique sont faits l’un pour l’autre. Célébrons la musique qui nous aide tant à traverser la pandémie mondiale, comme tout autre moment difficile, ou aussi les grandes joies. Lancez votre liste de lecture musicale préférée, ou une encore inexplorée, puis laissez-vous aller au dessin le coeur et le crayon légers, emportés par la musique.

Laissez-vous inspirer par un artiste d’une grande profondeur, qui épouse depuis des décennies peinture, musique et poésie: Symon Henry. Comparez votre gestes et vos couleurs aux siennes. En quoi votre musique diffère-t-elle de la sienne?

Pour aller plus loin sur le chemin de la longue histoire d’amour entre la musique et l’image, et son importance culturelle, découvrez le travail de recherche de Christine Guillebaud, dans un article publié dans le numéro 17 des Cahiers d’ethnomusicologie en 2004, pp. 217-240: De la musique au dessin de sol et vice versa.

Le dessin de sol, en Inde du Sud. Photo: Christine Guillebaud. Source: journals.openeditions.org, 10 novembre 2020.