Le défi amusant du dessin au trait continu

C’est le genre d’activité qu’on ne peut pleinement apprécier qu’en la pratiquant. Le dessin au trait ou à la ligne continue est connu pour ses effets qui allient souvent simplicité apparente et mouvement. Sous le couvert de l’aisance et la fluidité expressive, se cache l’effort de visualisation intense du dessinateur. Faire un dessin figuratif avec une seule ligne, sans lever le crayon, apporte son lot de surprises, et facilite l’exploration artistique. La récompense vaut toujours l’effort et la prise de risque.

En guise d’inspiration dans le domaine, faites la découverte de l’histoire touchante de l’artiste Dane Khy qui s’en est fait un réconfort, suite à la perte de son animal de compagnie canin. Sur son site web WOL (With One Line), on peut voir comment il a intégré le dessin au trait continu à de grandes murales et comment aussi la technique intègre bien la couleur et s’adapte au portrait.

Parmi les meilleurs conseils pour apprendre la base de la technique, ceux de l’artiste française Amylee Paris, sur amylee.fr. Elle y partage les siens, offre quatre petites étapes facile à suivre et quelques pièges à éviter.

Pour conclure, rien de tel que les images réalisées avec le jouet rétro et toujours indélogeable Télécran (Etch A Sketch). Surtout celles par l’artiste américaine Jane Labowitch, alias PrincessEtch . Une sélection de ses oeuvres amusantes et stimulantes sont en vente sur Etsy. Elle est également une illustratrice et designer web prolifique.

Jouet Etch A Sketch ou Télécran. Par SpinMaster. Source: SpinMaster.com, 8 mars 2022.

Mandalaland

Allez faire un tour du côté du mandala et vous trouverez mille et une façons d’exercer votre créativité en famille. D’un simple cercle tracé au crayon puis orné spontanément, aux entrelacs complexes dessinés et coloriés méticuleusement, chacun y trouve son compte. Colorier est votre dada? Même pas besoin de le dessiner, tellement il est facile d’en trouver un tout fin prêt pour vous. Plus simple encore, amassez quelques objets divers et assemblez un mandala éphémère, le temps d’une pause.

La tradition du mandala transcende les cultures, les mouvements religieux et on le retrouve même sans s’en étonner dans la société de consommation aujourd’hui. À la fois empreint de profondeur et de légèreté superficielle, voila bien cette image riche de sens et humble à la fois. Impossible d’ignorer sa beauté envoûtante et la joie qu’il appelle. Seul ou en groupe, faire des mandalas nourrit la patience, le sentiment d’appartenance au monde et la capacité d’introspection.

Lisez l’article en français de Joshua J. Mark, si bien documenté avec de nombreuses photos, publié par la prisée World History Encyclopedia. Des artistes ont aussi fait du mandala leur spécialité. C’est le cas de Jamie Lockeart qui vend de beaux bijoux, lanternes et tabourets de méditation. Pour ce qui est de « Mandalaland« . Et bien il s’agit d’une librairie en ligne de livres à colorier tout à fait rigolos, situé à Bogota, Colombie.

Kalachakra thangka painted in Sera Monastery, Tibet. Photo: Kosi Gramatikoff. Exploration of the esoteric dreams of the Himalayas. Source: ResearchGate, 23 février 2022.

À la mode de chez-nous

On a récemment parlé d’art miniature et de poupées de papier. On poursuit sur les petits vêtements, que les enfants et les adolescents peuvent créer eux-mêmes.

Commençons avec des trousses de jouets qui inspirent les enfants à dessiner, à s’exprimer et à developper leur dextérité. Voici deux compagnies qui en offrent. MasterMind Toys vend des trousses thématiques, pour les vêtements, le tricot, la teinture, les sac à main et pleusieurs autres. Chez Earth Song, on trouve une trousse complète avec un mannequin de 30 cm.

Pour les jeunes adolescents, voici une activité de dessin de mode toute simple offerte par l’Atelier Canson. Il est possible de la télécharger et de l’imprimer.

Un service qui ne manquera pas d’intéresser les adolescents, comme leurs parents, qui se passionnent pour le design de mode, est celui de la styliste et graphiste Alice Debarge. En plus de ses formations, elle offre un accompagnement complet pour la création d’une marque, d’une ligne de vêtement, de sa mise en valeur et sa commercialisation.

Collage en jaune. Yvon, c1965. Source: CDIC-CIDE.

La poupée de papier à l’avant-plan

L’âge d’or de la poupée de papier est terminé depuis longtemps, mais sa persistence dans le temps ne saurait mentir. La poupée de papier amuse, captive les tout petits, et reste abordable pour les parents. Aujourd’hui, on doit sa survie davantage aux éditeurs de livres et artisans, qu’aux fabriquants de jouets. Il peut être compliqué de s’y retrouver dans les produits de consommation, surtout si vous êtes un parent soucieux des stéréotypes et des enjeux autour de l’image corporelle. Selon nous, les meilleures offres viennent de Dansereau par Dominique Dansereau et Paper Thin Personas par Rachel Cohen.

Peut-être est-il encore mieux de la fabriquer soi-même à partir d’une photo de famille. C’est ce que conseille si bien Kelly Burstow de Be A Fun Mom. Utilisez la photo découpée pour tracer une silhouette et dessiner des vêtements avec languettes. Une alternative à la photo est simplement de la dessiner. Fabriquer une poupée de papier donne l’occasion des dessiner, découper et manipuler des images qui stimuleront l’imaginaire pour raconter des histoires en famille.

Pour les adeptes du passé, la poupée de papier a une longue histoire et il existe un vaste marché pour les collectionneurs d’antiquités. La poupée de papier et l’industrie de la mode sont inséparables. Ainsi, la poupée de papier, comme toutes ses cousines, est porteuse de l’image corporelle et des rôles genrés de sa culture d’orgine. Le National Women’s History Museum a publié en 2016, un court article bien documenté sur l’histoire de la poupée de papier, d’une perspective féministe.

Du côté de l’art contemporain pour grandes personnes, impossible d’ignorer le projet artistique grandeur nature et documentaire de l’artiste new-yorkaise October Lane. The Paper Doll Project appelle à la réflexion et peut être d’une aide précieuse pour les parents d’adolescents.

Exemples de vêtements pour poupée de papier. Source: Dansereau.co, 23 Janvier 2022.

Voir grand: l’art miniature

Les confinements successifs et les restrictions d’accès durant la pandémie amènent les artistes et autres “créatifs” à redécouvrir les charmes de l’art miniature. Les articles de presse sur les galeries miniatures gratuites se sont multipliés au cours de la dernière année. Le Seattle Met, le Washington Post (2 articles), TimeOut, Urbanicity, la CBC, le Toronto Star, même le Smithsonian Magazine ont démontré leur intérêt pour ces mini-galeries d’art.

Ces reportages nous apprennent que les petits espaces aux allures de maisons de poupée sont déjà installés aux Etats-Unis à Seattle, Portland, Austin, Oakland, Phoenix Atlanta, Washington D.C., Brooklyn, Hyattsville, et aussi au Canada à Edmonton et plus récemment à Hamilton. L’artiste Elaine Luther en a repéré en Suède, en Pologne et au Mexique. S’autoproclamant dénicheuse de mini-galleries d’art, elle a lancé un site web pour nous aider à suivre l’expansion de l’empire.

Ce phénomène grandissant est une bonne nouvelle pour les artistes. Cela représente une façon de plus de faire voir leurs œuvres et de rejoindre un public varié, à proximité et sur le web. C’est aussi une bonne nouvelle pour les enfants et pour la vie de quartier, puisque la petite galerie peut accueillir les objets de n’importe qui, pourvu qu’il y ait de la place. Chacun peut y déposer ou prendre une oeuvre. C’est le même principe que le populaire réseau de petites bibliothèques libre-service.

Les artistes de l’État de Washington sont certainement les catalyseurs du mouvement. Stacy Milrani a été une des pionnières et sa petite galerie est une des plus fréquentées. Quant à elle, Jennyfer McNeely a apporté une toute autre dimension à l’aventure, en créant une conservatrice d’exposition fictive, Margaret Supperfield, une poupée, qui a son propre compte Instagram. Pour Katy Strutz, confectionneuse de poupées, l’appel du miniature allait déjà de soi.

Il est intéressant de constater que ce nouvel engouement pour le miniature arrive au moment où, à l’autre extémité de l’échelle on voit émerger l’art dit immersif, avec son gigantisme et ses superlatifs. Faisant maintenant son apparition dans de grands musées bien établis, les expositions immersives présentent les images de Van Gogh, Klimt, Schiele, Klee et aussi d’artistes contemporains. De tels événements sont ouverts au public à Miami, Atlanta, Houston, Las Vegas, Los Angeles, Toronto, Bordeau, Dubai, Shangai, Macao et Tokyo. Les promoteurs déploient des moyens technologiques sophistiqués pour attirer de nouveaux publics vers les arts visuels et stimuler le tourisme. Le palmarès de Bea Mitchell des tops 11 événements immersifs sur Blooloop, nous montre à quel point cette approche de l’art contraste avec l’art miniature.

Historiquement, l’art miniature a toujours fait partie des grandes collections. Il n’a jamais non plus été absent de l’art contemporain, même s’il n’a pas été de ce qu’on qualifie de blockbuster dans les grands musées, avec leurs gros édifices. Encore aujourd’hui et depuis 30 ans, la Biennale Internationale d’Art Miniature présente de tels œuvres dans la petite ville nordique de Ville Marie, au Québec. Plus d’une dizaine de pays ont été représentés l’été dernier. De l’autre côté de l’Atlantique, à Paris, le public a encore quelques jours pour visiter l’exposition Small is Beautiful. Cette exposition organisée par Encore Productions et Fever, présente les oeuvres miniatures de 20 artistes et des ateliers pour les enfants.

Plus bas, les photos nous fait voir une petite galerie libre-service qui vient tout juste de voir le jour à Hamilton, Canada. L’enseignant d’art Matt Coleman en est l’instigateur. Une artiste de l’endroit y plaçait sa propre contribution, lorsque j’y ai déposé l’édition limitée d’une impression réduite d’un dessin de mon cru.

Ma neige arc-en-ciel

L’hiver s’est installé dans l’hémisphère nord. Voici la saison pour revoir notre manière de dessiner ou de peindre la neige. Bien sur qu’on peut la garder blanche, mais de quel blanc au juste? Et puis pourquoi pas d’une autre couleur? Belle occasion d’aller jouer dehors ou d’explorer les arpents de neige que l’histoire de l’art a à offrir.

Un bel article par Gritta von Toll sur le site des marchands d’art suédois Barnaby’s inclus de célèbres tableaux sur plusieurs siècles. N’y manque peut-être que l’apport de non moins célèbres Canadiens tels les membres du Groupe des Sept, ou bien le prolifique Clarence Gagnon et le grand Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté. On peut voir les oeuvres de certains d’entre eux, dans un article par Krista Broeckx sur le site web du Musée des beaux-art du Canada.

Bonhomme de neige. Gouache sur papier, c1963. Par Yvon. Source: CDIC-CIDE.

Sur fond sombre

Ce sera le solstice dans quelques jours. Artistes de tout acabit, prenez le temps de jeter vos couleurs les plus lumineuses sur un fond sombre. Suivez l’exemple d’artistes contemporains telles Cathy Sheeter du Colorado , et Kay Lee de la Malaisie. Elles perpétuent une façon de faire que plusieurs auraient cru disparue des pratiques artistiques.

Depuis la France, l’infographiste et peintre Cynthia Dormeyer nous offre des astuces utiles en la matière, en plus de ses beaux dessins.

Quelques objets de notre Collection sont aussi sur papier sombre. C’est le cas de ce dessin par Sri Dharshni, du fonds Ganesh M, du Canada. D’abord, on y remarque les deux arbres noirs sous la lune, mais il faut aussi remarquer les chauves-souris en plein vol parmi les étoiles.

Two trees at night, par Sri Dharshni, 2020. Source: CDIC-CIDE.org

Tout feu tout flamme

Dans ce court article, on s’éloigne du crayon, de la plume, de la craie et du pinceau, pour porter les projecteurs vers une autre façon tout aussi ancestrale de créer des images. Non ce n’est ni le crochet, ni le tissage, ni même le bas-relief. Jasons pyrogravure, cet art de dessiner par la chaleur ou le feu sur le bois, le cuir, le métal ou le verre. La pyrogravure sur bois étant de loin la plus répandue.

Notre Collection n’a aucun artéfact du genre réalisé par un enfant. Il en existe pourtant, puisque les outils pour en réaliser restent sur le marché. La pyrogravure jouissaient d’une grande popularité dans les années 1950 et 1960, avec l’arrivé de nouveaux produits courus par les familles en quête de loisirs artistiques.

Pour un survol rapide de la palpitante histoire de la pyrogravure, voyez le site du guide d’achat Pyrogravure.net, qui a la qualité d’être détaillé en la matière, mais manque douloureusement d’images. Pour en admirer, rendez-vous plutôt sur le site de l’artisan Bernard Jaquet, qui allie merveilleusement la technique avec la sculpture et l’art décoratif. Son travail est varié, coloré et ma foi, une porte pyrogravé, ça a du cachet.

Du côté de l’art contemporain, on ne peut passer sous silence Cai Guo Quiang dont les oeuvres-évènements à base de poudre à canon font passer la pyrogravure à un tout autre niveau. Son seul projet Exploding the self en fait foi.

Allez, lancez-vous. Ce vidéo sur la chaîne de la Communauté CulturaCréas vous offre une démonstration en deux petites minutes bien utilisées.

Quand le tri s’impose

L’année scolaire est bien entamée, et déjà les dessins et les gouaches s’empilent. Parents, enseignants, prenez le temps d’aider les enfants à fabriquer leur portfolio, ou pochette à dessins. Cette activité vous donnera l’occasion de passer en revue les images, leur signification et les histoires qu’elles contiennent. Vous pourrez les comparer, en apprécier les qualités. C’est aussi une belle façon de souligner le fait que l’espace de rangement est limité et que des choix s’imposent. Quand vient le temps de conserver, mettre au rancart, ou nous envoyer des dessins pour les inclure dans la Collection, il est préférable que l’enfant participe à la décision. Une façon de faire, est de vider un portfolio de l’an dernier pour le réutiliser à nouveau.

Voyez la méthode de fabrication publiée par Tête à modeler. Chaque étape est simple et bien illustrée, avec peu de matériaux. Faites-le solide et durable. Bon bricolage.

The elements of art. Par Rishi, 2020. Source: CDIC-CIDE.

@macairesmuse… la suite

Comme des milliers d’internautes quand un premier confinement nous est tombé dessus, nous les avons découverts et suivis leur périple. Les grands dessins à la craie de Macaire sur le béton de l’entrée familiale, ont agit comme un baume pour tant de gens. Quant à Camden, son jeune frère et muse, il a animé le tout dans des poses et mises en scène rocambolesques. Au départ l’objectif était de 100 « fresques » en autant de jours, mais la série n’a cessé de s’allonger. Puis le duo a publié non pas un, mais deux livres le printemps dernier. Le second livre est intitulé Cam and Hopper travel the world. S’il inclu moins d’images que le premier, c’est qu’elles sont plus soignées. Macaire a pour ainsi dire entré l’entrée dans la maison, afin de consacrer plus de temps à l’exécution, à l’abris des intempéries. La dernière étape est demeurée la captation photo à l’extérieur. Macaire a également ajouté la poésie à son art et chaque dessin lui a inspiré un haïku.

Macaire et Camden viennent tout juste de retourner à l’école. Ils ont pris quelques minutes pour nous parler d’un dessin important. Il s’agit d’un dessin sur papier que Macaire a fait lorsqu’elle avait l’âge de son frère. On les y voit côte à côte sous un arc-en-ciel en mouvement. La famille a choisi de l’encadrer et de le conserver au fil des ans. L’an dernier, il a inspiré une version grandeur nature, devenant la 101-ième oeuvre éphémère et festive. On la retrouve dans le premier livre. Deux mots pour ces deux-là: BRAVO et MERCI.

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