La poupée de papier à l’avant-plan

L’âge d’or de la poupée de papier est terminé depuis longtemps, mais sa persistence dans le temps ne saurait mentir. La poupée de papier amuse, captive les tout petits, et reste abordable pour les parents. Aujourd’hui, on doit sa survie davantage aux éditeurs de livres et artisans, qu’aux fabriquants de jouets. Il peut être compliqué de s’y retrouver dans les produits de consommation, surtout si vous êtes un parent soucieux des stéréotypes et des enjeux autour de l’image corporelle. Selon nous, les meilleures offres viennent de Dansereau par Dominique Dansereau et Paper Thin Personas par Rachel Cohen.

Peut-être est-il encore mieux de la fabriquer soi-même à partir d’une photo de famille. C’est ce que conseille si bien Kelly Burstow de Be A Fun Mom. Utilisez la photo découpée pour tracer une silhouette et dessiner des vêtements avec languettes. Une alternative à la photo est simplement de la dessiner. Fabriquer une poupée de papier donne l’occasion des dessiner, découper et manipuler des images qui stimuleront l’imaginaire pour raconter des histoires en famille.

Pour les adeptes du passé, la poupée de papier a une longue histoire et il existe un vaste marché pour les collectionneurs d’antiquités. La poupée de papier et l’industrie de la mode sont inséparables. Ainsi, la poupée de papier, comme toutes ses cousines, est porteuse de l’image corporelle et des rôles genrés de sa culture d’orgine. Le National Women’s History Museum a publié en 2016, un court article bien documenté sur l’histoire de la poupée de papier, d’une perspective féministe.

Du côté de l’art contemporain pour grandes personnes, impossible d’ignorer le projet artistique grandeur nature et documentaire de l’artiste new-yorkaise October Lane. The Paper Doll Project appelle à la réflexion et peut être d’une aide précieuse pour les parents d’adolescents.

Exemples de vêtements pour poupée de papier. Source: Dansereau.co, 23 Janvier 2022.

Voir grand: l’art miniature

Les confinements successifs et les restrictions d’accès durant la pandémie amènent les artistes et autres “créatifs” à redécouvrir les charmes de l’art miniature. Les articles de presse sur les galeries miniatures gratuites se sont multipliés au cours de la dernière année. Le Seattle Met, le Washington Post (2 articles), TimeOut, Urbanicity, la CBC, le Toronto Star, même le Smithsonian Magazine ont démontré leur intérêt pour ces mini-galeries d’art.

Ces reportages nous apprennent que les petits espaces aux allures de maisons de poupée sont déjà installés aux Etats-Unis à Seattle, Portland, Austin, Oakland, Phoenix Atlanta, Washington D.C., Brooklyn, Hyattsville, et aussi au Canada à Edmonton et plus récemment à Hamilton. L’artiste Elaine Luther en a repéré en Suède, en Pologne et au Mexique. S’autoproclamant dénicheuse de mini-galleries d’art, elle a lancé un site web pour nous aider à suivre l’expansion de l’empire.

Ce phénomène grandissant est une bonne nouvelle pour les artistes. Cela représente une façon de plus de faire voir leurs œuvres et de rejoindre un public varié, à proximité et sur le web. C’est aussi une bonne nouvelle pour les enfants et pour la vie de quartier, puisque la petite galerie peut accueillir les objets de n’importe qui, pourvu qu’il y ait de la place. Chacun peut y déposer ou prendre une oeuvre. C’est le même principe que le populaire réseau de petites bibliothèques libre-service.

Les artistes de l’État de Washington sont certainement les catalyseurs du mouvement. Stacy Milrani a été une des pionnières et sa petite galerie est une des plus fréquentées. Quant à elle, Jennyfer McNeely a apporté une toute autre dimension à l’aventure, en créant une conservatrice d’exposition fictive, Margaret Supperfield, une poupée, qui a son propre compte Instagram. Pour Katy Strutz, confectionneuse de poupées, l’appel du miniature allait déjà de soi.

Il est intéressant de constater que ce nouvel engouement pour le miniature arrive au moment où, à l’autre extémité de l’échelle on voit émerger l’art dit immersif, avec son gigantisme et ses superlatifs. Faisant maintenant son apparition dans de grands musées bien établis, les expositions immersives présentent les images de Van Gogh, Klimt, Schiele, Klee et aussi d’artistes contemporains. De tels événements sont ouverts au public à Miami, Atlanta, Houston, Las Vegas, Los Angeles, Toronto, Bordeau, Dubai, Shangai, Macao et Tokyo. Les promoteurs déploient des moyens technologiques sophistiqués pour attirer de nouveaux publics vers les arts visuels et stimuler le tourisme. Le palmarès de Bea Mitchell des tops 11 événements immersifs sur Blooloop, nous montre à quel point cette approche de l’art contraste avec l’art miniature.

Historiquement, l’art miniature a toujours fait partie des grandes collections. Il n’a jamais non plus été absent de l’art contemporain, même s’il n’a pas été de ce qu’on qualifie de blockbuster dans les grands musées, avec leurs gros édifices. Encore aujourd’hui et depuis 30 ans, la Biennale Internationale d’Art Miniature présente de tels œuvres dans la petite ville nordique de Ville Marie, au Québec. Plus d’une dizaine de pays ont été représentés l’été dernier. De l’autre côté de l’Atlantique, à Paris, le public a encore quelques jours pour visiter l’exposition Small is Beautiful. Cette exposition organisée par Encore Productions et Fever, présente les oeuvres miniatures de 20 artistes et des ateliers pour les enfants.

Plus bas, les photos nous fait voir une petite galerie libre-service qui vient tout juste de voir le jour à Hamilton, Canada. L’enseignant d’art Matt Coleman en est l’instigateur. Une artiste de l’endroit y plaçait sa propre contribution, lorsque j’y ai déposé l’édition limitée d’une impression réduite d’un dessin de mon cru.

Du balais

Nous collectionnons des objets bien ancrés dans le quotidien de jeunes familles de partout dans le monde. Nous nous intéressons donc tout naturellement à tous ceux qui en font autant, chacun à sa façon. Près de la ville de Jodhpur dans la partie ouest du Rajasthan (Inde), Arna Jharna: The Thar Museum contribue à cet effort en collectionnant et en présentant des Jhadus, c’est-à-dire des balais.

Fondé en 2000, par le regretté folkloriste Komal Kothari le musée expose plus de 180 types de balais, selon l’article bien documenté de Supriya Newar dans Live History India. Les objets les plus simples peuvent s’avérer une source riche en savoirs et les balais aident les visiteurs du musée à découvrir les cultures régionales des résidents du Rajasthan, leurs travaux, leur spiritualité, ainsi que leur environnement naturel. Un autre article, celui-là par Chelsea Santos, Conservatrice adjointe au City Palace Museum d’Udaipur, nous rapproche un peu plus du Arna Jharna Museum. L’article est publié sur mainlymuseums.com.

En 2016, le pittoresque Musée Calbet de Grisolle (France) a aussi rendu hommage au balais à sa façon, dans une exposition de source documentaire différente et dans une autre perspective.

Balais du Arna Jharna Museum, avec étiquette du nom et lieu d’origine. Photo: Chelsea Santos. Source: MainlyMuseum.com, 20 octobre 2021.

L’univers du blob

Son univers est évidemment le nôtre aussi. Il lui a fallu des centaines de millions d’années, mais la reconnaissance du blob atteint enfin des sommets insoupçonnés. Le mois dernier, le blob s’est joint à l’équipage de la Station spatiale internationale. Une équipe scientifique scrute son comportement dans un environnement à gravité réduite. Des milliers d’étudiants suivent l’aventure par ce hublot qu’est Internet. Pour plus de détails sur l’aspect éducatif du projet scientifique, voyez le court article d’Aglaïa Laurent sur Futura Science.

Passionnés de dessin, nous sommes évidemment nombreux à avoir côtoyé le blob à plus d’une occasion. En parlant bien sûr du blob ou de la tache à deux dimensions et multicolore. Tout en gardant un oeil sur l’expérience en cours sur la Station spatiale, prenez le temps d’aller fouiller les nombreuses ressources artistiques à propos du blob sur le web. Pour une activité à l’école ou à la maison, voyez Dessin d’imagination : dessiner des BLOBS ?! sur la chaîne Youtube d’À nos crayons! Nous l’ajoutons à notre liste de lecture. Le Blob de Marvel Comics doit se réjouir ces jours-ci.

Blob. Photo: Audrey Dussutour / CRCA / CNRS. Source: CNRS.fr, 11 septembre 2021.

@macairesmuse… la suite

Comme des milliers d’internautes quand un premier confinement nous est tombé dessus, nous les avons découverts et suivis leur périple. Les grands dessins à la craie de Macaire sur le béton de l’entrée familiale, ont agit comme un baume pour tant de gens. Quant à Camden, son jeune frère et muse, il a animé le tout dans des poses et mises en scène rocambolesques. Au départ l’objectif était de 100 « fresques » en autant de jours, mais la série n’a cessé de s’allonger. Puis le duo a publié non pas un, mais deux livres le printemps dernier. Le second livre est intitulé Cam and Hopper travel the world. S’il inclu moins d’images que le premier, c’est qu’elles sont plus soignées. Macaire a pour ainsi dire entré l’entrée dans la maison, afin de consacrer plus de temps à l’exécution, à l’abris des intempéries. La dernière étape est demeurée la captation photo à l’extérieur. Macaire a également ajouté la poésie à son art et chaque dessin lui a inspiré un haïku.

Macaire et Camden viennent tout juste de retourner à l’école. Ils ont pris quelques minutes pour nous parler d’un dessin important. Il s’agit d’un dessin sur papier que Macaire a fait lorsqu’elle avait l’âge de son frère. On les y voit côte à côte sous un arc-en-ciel en mouvement. La famille a choisi de l’encadrer et de le conserver au fil des ans. L’an dernier, il a inspiré une version grandeur nature, devenant la 101-ième oeuvre éphémère et festive. On la retrouve dans le premier livre. Deux mots pour ces deux-là: BRAVO et MERCI.

Il était un éguisoir

Parfois, l’inspiration ne se pointe pas. Vous fixez une feuille de papier, mais n’avez aucune idée quoi dessiner. Vous pouvez toujours gribouiller et voir ce que cela donne. Ou alors vous pouvez simplement passer à autre chose, comme prendre un éguisoir et éguiser tous vos crayons jusqu’au dernier. Sauvé par l’éguisoir.

De toutes les collections étonnantes, une collection d’éguisoirs ne manque jamais d’appeler un sourire, même si touts les muses nous ont abandonnés. On vous en présente deux choisies sur le tas, pour le plaisir.

Sharpenking est un site commercial et multilingue offert par deux passionés à Wassenaar, Pays-Bas. Leur collection comprend des centaines d’objets, en vente ou en rachat, et un réseau de collectionneurs tout aussi passionnés. Leur série Chevaliers d’Espagne est sans doute la plus affûtée. L’autre collection ne semble pas avoir son propre site web. Elle est cependant mentionnée comme attraction locale sur le site touristique régional, et fait surtout l’objet de plusieurs vidéos par ses visiteurs (comme celui du lien suivant, par Thrifty Mint). Le Paul A. Johnson Pencil Sharpener Museum est une simple petite cabane au pied des Appalaches, à Logan, Ohio. La famille et amis de feu Rev. Johnson rendent possible cette exposition permanente de près de 3,500 éguisoirs qu’il a amassé durant vingt ans.

Éguisoir et crayon, 2010, par Alexandre Klink. Source: commons.wikimedia.org, 16 August 2021.

Rat des villes et rat des champs

On connaît bien le fossé des générations, mais n’y en a-t-il pas un autre tout aussi universel qu’ancestral: dans le coin droit, la campagne, dans le coin gauche, la ville. Leur rivalité précède l’ère industrielle, l’époque même d’un de la Fontaine, et remonte probablement aux cités des civilisations perdues. Quelques phénomènes l’un persistant, d’autres d’actualité et en développement, offrent l’occasion de nous demander ce que sera grandir en ville ou à la campagne, pour les enfants au cours du présent siècle.

La tendance mondiale est à l’urbanisation, on dirait depuis toujours, et s’est accélérée avec la production de masse et la croissance démographique gallopante. Comme le soulignait la Banque Mondiale en 2020, « d’ici 2050, le nombre actuel de citadins devrait doubler, et pratiquement 7 personnes sur 10 dans le monde vivront en milieu urbain. » La relation entre la population urbaine, depuis peu majoritaire pour la première fois dans l’histoire, et les résidents de milieux moins denses, devrait se transformer de manière importante. Bien malin le démographe qui prédira comment. Peut-être serait-il sage d’ajouter les banlieusards à l’équation. Eux, qui ont amené la culture de l’automobile à son apogée, et levé le nez sur les centre-villes, les jugeant inhabitables, tout en les trouvant fréquentables pour leur travail ou leur divertissement.

Deux phénomènes en cours signalent peut-être qu’il est temps de porter un regard neuf sur la tendance démographique lourde déjà mentionnée. D’abord, il y a la peur de la COVID-19 qui a amené tous les travailleurs qui le pouvaient, à travailler de chez-soi. Il reste à voir quel pourcentage continuera à le faire, mais plusieurs ont déjà opté pour maintenir ce mode de vie, et se sont même relocalisés à l’extérieur des grands centres urbains, dans des milieux moins densément peuplés. Notons du même souffle, que les villes ont été peu accessibles aux visiteurs de l’extérieur durant la pandémie. Cette situation a exacerbé un autre phénomène, depuis longtemps dénoncé par les résidents ruraux, loin des grands centres: une connection Internet pitoyable, une bande passante sous-perfomante. Les populations rurales ont longtemps décrié l’inéquité qu’elles subissent dans le service Internet. Les ex-citadins eux, n’accepteront pas de perdre un acquis, peu importe leur éloignement de la ville, de leur lieu de travail. Pas plus tard qu’en avril, l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI) indiquait que « depuis le début de la pandémie, les vitesses en milieu rural atteignent entre un cinquième et un dixième de ce qu’elles sont en milieu urbain (…) les vitesses de téléchargement en milieu rural oscillaient entre 5,5 Mb/s comparativement à près de 50 Mb/s dans le Canada urbain. » Notons que les Canadiens paient davantage pour leur service de télécommunication que les consommateurs de pays similaires.

Parions qu’une nouvelle dynamique ville-banlieue-campagne, avec un renouveau culturel, est déjà entamée. Il semble qu’alors que les villes s’adapteront à l’après-pandémie, les résidents partout ailleurs en feront autant. Ce brasse-camarade démographique pourrait s’avérer révélateur sur le plan de l’harmonie ou des tensions intergénérationnelles. Bientôt, l’escapade du weekend à la campagne du citadin, et le safari-photo en ville du campagnard, pourraient prendre une tout autre allure. Ces deux mondes n’en feront enfin peut-être qu’un.

Le rat de ville et le rat de champs, illustration de Gaston Gélibert (1850-1931). Bibliothèque de l’Institut, in-4, fonds Ehrard 385. Source: Institutdefrance.fr, 28 juin 2021.

Quand des enfants parlent d’eux-mêmes

Y a-t-il quelque chose de plus beau que la découverte de soi? Peut-être avoir le privilège d’assister à celle que fait un enfant. Est-ce la raison qui a poussé Christina Willings, réalisatrice, et Shirley Vercruysse, productrice, à titrer leur documentaire Beauty? Le film, en anglais et en français, donne toute la place à cinq enfants qui partagent les hauts et les bas de cette découverte d’eux-mêmes et nous offrent le privilège d’en témoigner. Un bon moment à vivre que ce visionnement disponible sur le site de l’ONF. Une belle façon de célébrer la diversité, l’inclusion et notre humanité qui grandit.

Beauty, vignette. Source: Office national du film du Canada, 18 juin 2021.

Culture ou tradition?

Une des raisons qui nous ont motivés à constituer la Collection, est notre désir de l’inclure dans une conversation autour du développement culturel. Par nos efforts, nous souhaitons agir en porte-voix et amplifier les messages des enfants sur le présent et leurs contributions à la culture. Cet article aborde donc la culture et une question comme un défi lancé: « Qu’est-ce donc pour vous la culture enfantine, ou la culture elle -même? »

La pandémie, et la récession qui l’accompagne, ont déjà des effets psychologiques profonds et bousculeront la culture pour plusieurs années, voire des générations. Cette crise planétaire teste la capacité de coopération des nations, fait émerger toutes sortes de comportements antisociaux, tout en exposant les inégalités et les lacunes systémiques des institutions.

Depuis la fin du siècle dernier, l’idée d’une culture propre à l’enfance a fait son chemin dans les domaines de la psychologie sociale et l’anthropologie. Qu’il y ait une telle culture, on peut toujours en débattre. En supposant que oui, il restera tout de même à débattre de son niveau d’autonomie ou d’étanchéité à la culture multigénérationnelle ambiante. Toujours est-il que l’image que les enfants se font d’eux-mêmes et de la société qui les regarde grandir dans les circonstances actuelles, doit tous nous interpeller de manière soutenue.

Avant de partir visiter de la parenté à l’étranger, de réorienter notre carrière, de prendre une retraite anticipée, ou de faire une excursion touristique, prenons le temps de faire le point sur ce que la culture signifie maintenant pour nous. Voyons chacun pour soi, si ou à quel point cette culture est inclusive pour les enfants, ou comment elle peut le devenir davantage. Pour explorez le sujet plus en profondeur, découvrez l’article révélateur par Olivier Morin, Pourquoi les enfants ont-ils des traditions? paru dans Terrain Anthropologie et Sciences Humaines (no. 55 septembre 2010, p. 20-39) et accessible sur OpenEdition Journals. Bien que nous trouvons son optique sur culture enfantine plutôt étanche, la touche d’humour ne manque pas de plaire. Olivier Morin est Chargé de recherche à l’Institut Jean-Nicod (Paris).

Collin maillard, c1750-1752, Toledo Museum of Art. Par Jean-Honoré Fragonard. Source: Wikimedia.com, 24 mai 2021.

Entrée des artistes

Bien des artistes ont dû se réinventer durant la pandmie. Macaire Everett elle a transformé l’entrée devant chez elle en studio extérieur, avec tous les défis météorologiques que cela implique. D’artiste à la craie, au début de la pandémie, la voici maintenant autrice. Avec son frère Camden, sa muse, elle vient de publier son son premier livre. Le merveilleux ouvrage regroupe plus de 120 photographies pleine page, de dessins à la craie qu’elle a réalisés.

Le livre en anglais The world from our driveway (sur Amazon) nous plonge dans l’aventure de l’adolescente et de son jeune frère, qui font face à l’impératif apprentissage à la maison, imposé par la pandémie. Une section du livre nous montre le travail de préparation et de documentation des dessins. Chaque page offre à apprécier les multiples sources d’inspiration. Ce qui rend cette histoire si touchante, est de voir comment l’impulsion de départ de se protéger, voire s’immuniser, coûte que coûte contre l’ennui (en plus du virus), s’est transformé en mission familiale et communautaire pour encourager la résilience et apporter du bonheur tout azimut.

Macaire a partagé allègrement ses images sur les réseaux sociaux. Un de nos articles de l’été dernier avait présenté son très populaire compte Instagram. Quel soulagement de savoir que son travail, bien qu’éphémère en soi, puisse être mis en mémoire sur papier. Peut-être l’entrée d’auto elle-même sera-t-elle un jour désignée patrimoine reconnu par l’UNESCO. Fabulation? Après tout, les musées du monde ne se précipitent-ils pas en ce moment, pour documenter la vie durant cette pandémie?

Les compositions de Macaire sont chacune si inspirées et attrayantes, qu’il est impossible d’en faire sortir une du lot. Avec la Fête des Mères à nos portes, il faut voir le dessin cadeau d’anniversaire que Macaire à offert à sa mère. Le seul réalisé à l’intérieur par un jour de pluie, ne manquera pas de vous émouvoir. Pour nous à la Collection, s’il faut en pointer un en paticulier, ce sera celui intitulée We are all in this together (tout le monde ensemble). Un titre bien à propos pour la pandémie, mais aussi parce que c’est le seul dessin pour lequel Macaire a puisé dans ses propres archives personnelles et pour lequel elle s’est mise en scène au côté de sa muse. Dans cette fresque, le personnel et l’universel se rejoignent pour le plus grand bonheur du lecteur.

The world from our driveway, couverture arrière. Par Macaire Everett. Source: Amazon.ca, 4 mai 2021.