Terroir de l’enfance

On fait aisément le rapprochement entre le dessin d’enfant et l’éducation, l’éducation artistique ou la psychologie de l’enfant. Ici à la Collection, on ose croire que des liens plus étroits mériteraient à être tissés avec l’anthropologie, l’histoire et l’ethnographie, pour l’avancement des savoirs.

L’intérêt pour le dessin d’enfant, surgit parfois de perspectives surprenantes. Alina Gabriela Tamas, enseignante de la petite enfance, a fait osé une approche rafraîchissante en analysant des dessins dans une perspective géographique. Publié par la revue Romanian Review of Geographical Education (Vol. III no. Feb. 2014), son article (en anglais) décrit l’analyse de 42 dessins d’enfants de 4 à 7 ans. Le texte est court, accessible et illustré de toutes les reproductions décrites. Qui aurait cru que la géographie aussi gagne à côtoyer le dessin d’enfant?

Hello Tree, par Sahana, 2020. Source: CDIC-CIDE, 2021.

Les écoles de la post-pandémie

Pour des raisons de sécurité, nous utilisons les écoles de manière bien diffrente durant la pandémie. Circulation d’air, capacité des salles, déplacement des groupes, tout est revu et adapté selon les règles sanitaires en vigueur. Enseignants et élèves utilisent les appareils électroniques plus que jamais, notamment pour l’apprentissage en virtuel. Le besoin de prendre des pauses fréquentes des écrans est ressenti par tous. Chaque fois qu’une école entre en confinement ou en sort, se présente l’occasion d’évaluer si on préfère travailler ou apprendre de la maison, à visage découvert, ou bien a l’école, masqué toute la journée.

Les édifices scolaires nous paraîtront-ils de plus en plus désuets, à mesure que nous entrerons dans l’ère post-pandemique et que nous nous réveillerons de ce mauvais rêve? Conseillers scolaires, getionnaires et syndicats auront certainement à se poser cette question et en débattre. Il sera important que parents et élèves participent à la réflexion.

Les architectes, espérons-le, feront entendre leurs voix et encourageront de meilleures façons d’envisager de futurs espaces d’apprentissage, mieux capable d’accommoder une transition d’un usage courant à un usage en situation de crise. Nous suivons une piste sur le très informatif site web architecture and education, publié par Adam Wood et Emma Dyer. Ils y présentent des entrevues (en anglais) avec d’autres architectes, des enseignants et autres professionnels de l’éducation, sur le sujet. Ils offrent aussi une liste de musées de l’école dans plusieurs pays, comme par exemple Musée national de l’Éducation (MUNAÉ), situé à Rouen. L’exposition virutelle “Métier d’enseignant.e, métier d’élève” vaut le détour. Mieux se souvenir de l’école du passé, ne peut que nourrir l’imagination pour l’école de l’avenir.

Ecran d’accueil, exposition virtuelle “Métier d’enseignant.e, métier d’élève“. Source: Musée national de l’école, 28 février 2021.

On ne voit bien qu’avec le coeur

Grâce à leur propre persévérance et à celle d’enseignants, de thérapeutes et de décideurs, les personnes malvoyantes ou aveugles peuvent de plus en plus s’adonner à l’appréciation des arts visuels. Pas seulement en tant que spectateurs mais aussi comme créateurs. Plusieurs s’étonneront que ces personnes dessinent, et bien oui c’est le cas, avec un minimum d’adaption technique. Il peut même être assez intéressant de faire découvrir à toute la classe, les matériaux ou équipements utilisés, histoire de découvrir de nouvelles façon de faire, tout en alimentant l’empathie et l’inclusion à la communauté.

Un bon endroit pour s’initier à ces ces pratiques est le LMAC-MP ou Laboratoire de médiation en art contemporain en Midi-Pyrénées. Il s’agit d’un partenariat communautaire régional mené par une équipe professionnelle et dynamique. Leur Petit guide du dessin en relief rédigé par Nathalie Bédouin et Nathalie Muratet inspirera les éducateurs.

Si la recherche dans ce domaine vous intéresse, plongez dans la thèse monumentale défendue par Dannyelle Valente à la Sorbonne en 2012, et rendue accessible par le Centre pour la communication scientifique directe (CCSD) : Dessin et cécité : étude de la communication graphique des jeunes non-voyants. L’ouvrage est captivant et qui plus est, magnifiquement illustré. Les chercheurs qui illustrent bien leurs travaux sont nos préférés.

Dessin produit par M.L., non-voyante de naissance. Source: Valente, Danyelle. Dessin et cécité: étude de la communication graphique des jeunes non-voyants. HAL.archivesouvertes.fr. 8 février 2021.

Des écoles saines, sécuritaires et stimulantes

Depuis quelques mois, les éducateurs du monde entier sont les témoins privilégiers de l’impact de la pandémie sur leurs élèves et les familles. Ils savent que leur adaptabilité et l’accès à l’éducation, tant que le COVID-19 fait rage, aura un effet déterminant sur les années d’apprentissage post-pandémie. Des organismes internationaux tels que Brookings ou l’International de l’Éducation (IE) sont de ceux qui militent pour un réinvestissement et des politiques solides en éducation. Voyez l’énoncé Uni(e)s pour l’éducation de l’IE à ce sujet et veillez à ce que vos décideurs locaux le lisent aussi.

Uni(e)s pour l’éducation. Source: ei-ie.org, 5 Juillet 2020.

Les écrans et les crayons: des compléments

Non, les livres n’ont pas disparu. On croyait les vinyles disparus, puis ils sont revenus. Les crayons aussi sont avec nous pour rester. Qu’on se le dise, peu importe le moyen, on continuera à dessiner. Les moyens en question, plus il y en aura et plus ils seront complémentaires. Il y a maintenant mille et une façon d’intégrer les écrans à l’expression graphique et c’est tant mieux. De l’écran à la feuille, de la feuille à l’écran, en passant par le crayon, le voyage continue. Ce qui change, c’est notre rapport à l’espace-temps, donc à l’objet. Sur leur site, Superprof offre des suggestions d’outils en ligne. Très utile durant la période de confinement généralisé. Que votre objet soit sur papier ou numérique, contribuez à la Collection.

Superprof. Source: Superprof.fr, 17 mai 2020.

Dessiner en famille

La saison est au confinement à la maison, et il y a mille et une façons de traverser ce… printemps. Peaufiner son dessin en est une. Rendez la chose agréable en jouant des jeux comme “dessine à partir d’une ligne”, faisons une “course de dessin” ou au “Pictionnaire” avec des images faites maison.

L’occasion est aussi bonne pour une discussion sur l’engagement avec l’aide du dessin. Explication… Lancez à votre enfant le défi de créer un personnage si drôle et mignon, que la famille voudra l’adopter pour de bon. Mettez tout le monde en garde que cela n’est pas une mince affaire et sera exigeant. Demandez à votre enfant de créer le personnage ET de pouvoir le redessiner identique plusieurs fois. Ensuite, faites-lui explorer les positions, les émotions et les couleurs. Inventez verbalement quelques situations hypothétiques et comment le personnage réagirait. Invitez l’enfant à créer une bande dessinée à l’aide d’un point de départ. Prenez le temps d’explorer des ressources en ligne, comme l’excellent site de Tristan Demers, un maître du 9e art. Pour l’avoir vu en action avec les écoliers, son humour et son “Dessinatruc” sont incontournables.

Tristan Demers, Source: TristanDemers.com, 25 mars 2020.

L’éducation artistique à son meilleur

L’ouvrage est en anglais, mais la profusion d’images vaut définitivement le détour même si on n’en déchiffre que les sous-titres. Enseignants et étudiants en arts, parents curieux, précipitez-vous sur le site web, artjunction.org du professeur Craig Roland. Découvrez ses écrits et ses présentations des mieux documentées qui soient. Il est aux antipodes de ces chercheurs universitaires dont les travaux dorment dans des publications trop chères, ou dans les dédales de soi-disant moteurs de recherche. Sont court mais précis texte Young in Art est magnifiquement illustré et qu’un exemple des nombreux enseignements qu’il offre en ligne. Savants chercheurs, prenez note et suivez le maître.

Young in Art, couverture. Auteur: Craig Roland. Source: artjunction.org, 23 février 2020.

Si vous ne l’avez pas encore fait, découvrez RdE

Si vous ne connaissez pas encore le programme Racines de l’empathie, allez l’explorer sur Internet. Dans le cadre de ce programme, un parent interagit avec son bébé dans une salle de classe, en présence des élèves. Ceux-ci découvrent le langage des émotions, réfléchissent sur eux-mêmes et le monde qui les entourent. De ces rencontres échelonnées sur plusieurs mois, naissent des dessins et citations inspirants. Jugez-en par vous-mêmes en visionnant la chaîne YouTube de RdE. Espérons, pour notre bien à tous, que les originaux seront préservés.

I felt proud when… A children’s Art Show. Roots of Empathy, YouTube, 31 août 2019.

L’enfant, le droit, la littérature

Notre membre fondatrice, Liliane Masengo, est enseignante et aussi auteur du livre sur les droits de l’homme pour les enfants : Il était une fois, les droits de l’homme… Le livre est disponible en ligne, par exemple chez Barnes & Noble.

Liliane fait ainsi partie d’une lignée trop peu connue d’enseignantes qui ont laissé leur marque sur la littérature traitant de la place des enfants dans la société et de leur expérience. Prenons pour autre bon exemple, le livre d’alice Descoeudres paru il y a maintenant cent ans : L’enfant, le militaire et la guerre. Ce petit ouvrage est disponible en ligne grâce aux Archives Instituts Jean-Jacques Rousseau, de l’université de Genève.

Il était une fois les droits de l’homme, couverture. Par Liliane Masengo. Source: Barnes&Noble.com, 21 août 2019.

Dessin d’enfant et diffusion scientifique

Nous avions déjà suggéré la lecture d’un superbe ouvrage d’éco-anthropologie ici même. Voyez cet article for captivant de Catherine Sabino et Stéphanie M. Carrière, disponible sur le site de l’Institut de recherche pour le développement : Le dessin d’enfant, de l’outil aux médias pour la diffusion des savoirs scientifiques