Dessiner en famille

La saison est au confinement à la maison, et il y a mille et une façons de traverser ce… printemps. Peaufiner son dessin en est une. Rendez la chose agréable en jouant des jeux comme “dessine à partir d’une ligne”, faisons une “course de dessin” ou au “Pictionnaire” avec des images faites maison.

L’occasion est aussi bonne pour une discussion sur l’engagement avec l’aide du dessin. Explication… Lancez à votre enfant le défi de créer un personnage si drôle et mignon, que la famille voudra l’adopter pour de bon. Mettez tout le monde en garde que cela n’est pas une mince affaire et sera exigeant. Demandez à votre enfant de créer le personnage ET de pouvoir le redessiner identique plusieurs fois. Ensuite, faites-lui explorer les positions, les émotions et les couleurs. Inventez verbalement quelques situations hypothétiques et comment le personnage réagirait. Invitez l’enfant à créer une bande dessinée à l’aide d’un point de départ. Prenez le temps d’explorer des ressources en ligne, comme l’excellent site de Tristan Demers, un maître du 9e art. Pour l’avoir vu en action avec les écoliers, son humour et son “Dessinatruc” sont incontournables.

Tristan Demers, Source: TristanDemers.com, 25 mars 2020.

C’était au printemps 2020

Qu’est-ce que les enfants dessinent pendant que les écoles sont fermées, en cette période de pandémie mondiale? Quelles images révélatrices subsisteront en souvenir de ce temps, dans les histoires que l’on racontera aux enfants et aux petits enfants?

Quelqu’un a-t-il un dessin d’enfant du temps de la Grippe Espagnole, il y a cent ans? Probablement pas, mais faisons tout pour éviter la catastrophe cette fois. Soyez prudents, en santé et protégez les plus vulnérables autour de vous!

Tristesse, by Valerie, c1982. Source: CDIC-CIDE.

Petit truc pour notre Formulaire de contribution

Nous appelons “contributions” les superbes images que vous nous envoyez pour les ajouter à la Collection et les préserver pour la postérité. Le terme de “dons” est quant à lui réservé aux… dons de charité, pour lesquels vous recevez un reçu officiel pour fin d’impôt.

Lorsqu’on remplit notre Formulaire de contribution en ligne, il est important d’inscrire un chiffre de 1 à 10 dans le champ “Contribution”. Ceci déroulera quelques champs additionnels pour ajouter des détails sur les images. Ces détails sont précieux pour nous, car ils feront partie de la description des objets dans notre base de données.

Ci-dessous, un des tout premiers dessins qui nous sont parvenus en utilisant le formulaire en 2017, alors que nous testions notre site web. Le garçon de maternelle qui a dessiné ces robots (et sa maman), sont donc parmi les pionniers de la Collection.

Robots, par Taneek, 2017. Source: CDIC-CIDE.

L’éducation artistique à son meilleur

L’ouvrage est en anglais, mais la profusion d’images vaut définitivement le détour même si on n’en déchiffre que les sous-titres. Enseignants et étudiants en arts, parents curieux, précipitez-vous sur le site web, artjunction.org du professeur Craig Roland. Découvrez ses écrits et ses présentations des mieux documentées qui soient. Il est aux antipodes de ces chercheurs universitaires dont les travaux dorment dans des publications trop chères, ou dans les dédales de soi-disant moteurs de recherche. Sont court mais précis texte Young in Art est magnifiquement illustré et qu’un exemple des nombreux enseignements qu’il offre en ligne. Savants chercheurs, prenez note et suivez le maître.

Young in Art, couverture. Auteur: Craig Roland. Source: artjunction.org, 23 février 2020.

Du livre illustré à l’illustration du… passé

Lorsqu’on examine son contenu, le dessin d’un enfant peut s’avérer une fenêtre sur son monde, et sur le nôtre aussi. Si ce dessin est assez ancien, il nous ramène à un passé presqu’effacé. Le dessin ci-dessous, de notre collection, a été fait par un garçon vers 1965. Ici, l’indice du passé est explicitement écrite sur le dessin. Il offre le titre d’un album auquel le dessin lui-même réfère. C’est le titre d’un album, écrit par Paulette Blonay et illustré par Pierre Nardin, qui a de toute évidence impressionné cet enfant et qui maintenant refait surface sur notre blog. Le livre publié en 1962 est maintenant une rareté chez les antiquaires. Le personnage de Lili et la série du même nom de cette autrice, est célèbre dans le monde et facile à dénicher, ce qui n’est pas le cas pour le petit Tony.

De quoi réfléchir

Imagine. Nous sommes nombreux à savoir que ce simple mot est aussi le titre d’une superbe chanson aux paroles et à la mélodie mémorables. Une chanson d’espoir qui nous fait entrevoir un monde meilleur. Toutefois, nous savons aussi imaginer le pire. Quoiqu’il peut être difficile, même douloureux de le faire, c’est quand même utile si cela nous aide à l’éviter.

Voici un petit exercice pour trouver un nombre défiant l’imagination. Commençons avec le nombre d’enfants dans le monde. Selon UNICEF, environ 2,2 milliards. Supposons que 10% d’entre eux ont accès à du papier et des crayons, soit 200 millions. Supposons ensuite que chacun fait 50 dessins dans une année, et que nous aimerions en conserver 10 par enfant. Sur 10 ans, cela donnerait 100 dessins par enfant, soit 20 milliards de dessins sur 10 ans. Multiplions maintenant ce chiffre par au moins 10 ans, en considérant que le système d’éducation publique a été implanté graduellement en occident et ailleurs, depuis près de 150 ans. Nous voila au compte de 200 milliards de dessins en un siècle. Mais combien ont été vraiment conservés? Combien disparaissent encore chaque jour? Bien malin qui connaît la réponse. Trop peu est la nôtre, et c’est bien ce que nous souhaitons changer. Cela en espérant que les 2 milliards d’enfants exclus de l’équation, auront une meilleure opportunité que leur prédécesseurs, de rappeler aux générations futures ce qu’était l’enfance au 21e siècle.

Pour aller plus loin dans le temps

Nous débutons l’année en lançant un appel à tous, petits et grands. Quelles sont les plus vielles images que vous contribuerez à notre collection? Qui contribuera les premières et nouvelles images de la décennie qui commence? Ci-dessous et côte-à-côte, se trouvent deux images couvrant plus de soixante-dix ans. À gauche, on retrouve l’une des plus vieilles de la collection. C’est un collage fait par une jeune canadienne dans sa classe de première année, au début des années 1940. À sa droite, un dessin d’une jeune fille du même âge, fait au début des années 2010. Nous croyons qu’il est important de démontrer l’importance historique de ces objets. Nous croyons que cela n’est possible qu’en en collectionnant et préservant le plus grand nombre possible. Bref, en les sauvant, car beaucoup trop ont déjà disparu.

Gauche : Tulipe, collage par une élève de première année, c1940. Droite : Maman Menga, dessin par une élève de première année, c2010. Source : CDIC-CIDE.

Chambre avec vue

Comme on s’apprête à clore la décennie, les publications s’ingénient à en faire le bilan. Dans notre rétroviseur, nous nous tournons vers un ouvrage artistique aussi touchant que révélateur sur les enfants du monde. Les images du livre Where they sleep de James Mollison nous rappellent qu’il reste encore beaucoup à apprendre et à discuter sur la place des enfants dans le monde. Est-ce que tous les enfants dessinent? Bien que certains auteurs semblent le croire, ce n’est probablement pas le cas. Jouent-ils tous? On peut l’espérer, mais là encore peut-être pas. Chose certaine, tous les enfant rêvent. Espérons que comme eux, nous le faisons tous.

Where they sleep. Par James Mollison. Source: jamesmollison.com, 15 septembre 2019.