Hommage au bonhomme allumette

Nul doute qu’il mérite son propre musée ou un temple de la renommée. Le bonhomme allumette est probablement parmi nous depuis des milliers d’années, bien avant les allumettes (d’ailleurs comment l’appelait-on autrefois?). Ce symbol irrépressible à la fois de la simplicité humaine et de notre sens de la communication, est omniprésent encore aujourd’hui, dans la signalétique et la publicité à travers le monde.

Ces dernières années son alter ego anglophone (stick man) est devenu héro de livres pour enfants signés Julia Donaldson and Axel Scheffler. De ses aventures ont germés des films d’animation et même une comédie musicale (Freckle Productions). Si le bonhomme allumette n’a jamais pu être ignoré, il est grand temps de le reconnaître à son juste titre.

Sur une note plus songeuse, il est permis de se demander si on ne devrait pas considérer le bonhomme allumette comme une preuve indélébile que notre capacité de régression (consciente ou non), en plus d’être un mécanisme de défense à la portée de tous, serait une partie intrinsèque de notre hygiène cognitive et collective. Que le bonhomme allumette ait toujours meublé l’espace tant des enfants que des adultes est certainement matière à réflexion.

ScienceXplosion – Illustion d’optique, capture d’écran. Source: Parlonssciences.ca, 26 Janvier 2021.

Un pied devant l’autre

Toute une année de pandémie. Confinement, distanciation sociale, télétravail et école à la maison, peut-être même un couvre-feu. Notre sens de la discipline et notre patience sont mis à l’épreuve. Que faire? Laissons la récente chute de neige record (50 cm) à Madrid nous inspirer à aller jouer dehors et dessiner pas à pas dans la neige ou le sable. C’est un bon exercice mental et physique, sans papier, ni écran, ni crayon (caméra optionnelle pour préserver et partager l’oeuvre éphémère).

Vous pouvez même suivre les traces de l’artiste-ingénieur Simon Beck et faire des mathématiques pour l’occasion. Commencez avec de simples formes géométriques et augmentez le niveau de difficulté sur une surface bien choisie. Surtout, profitez-en pour réfléchir sur le sentiment ressenti pendant que l’image disparaît et combien de temps elle aura durée. La pandémie ne durera pas. On peut déjà forger le souvenir qu’on en aura.

Impression d’écran, Simon Beck sur Instagram. Source: Instagram.com/simonbeck_snowart, 10 décembre 2021.

Notre site web en 2020

Notre site web a dépassé les 100K clics juste à temps pour le nouvel an. Avec près de 14 000 visites provenant de touts les continents, nous sommes très reconnaissants envers nos bénévoles, actifs sur les réseaux sociaux. Ils nous aident à projeter notre message toujours plus loin.

Nous aimerions savoir quels sujets vous intéresseraient pour la prochaine année. Si vous avez des idées ou même un article que vous aimeriez partager sur notre site, nous vous encourageons à nous joindre.

CDIC-CIDE website in 2020. Source: CDIC-CIDE.org

Paroles d’enfants

Notre Collection est d’abord connue pour les dessins, peintures et collages qu’elle contient, mais nous nous intéressons tout autant aux créations numériques, audios et multimédia. Nous abordons aujourd’hui l’enregistrement vidéo et cinématographique de la parole enfantine.

Comme nous l’apprenait Marshall (McLuhan), le médium est le message et bien entendu les réseaux sociaux sont essentiellement de grosses machines à publicité. Mais ceci dit, il est assez rafraîssissant de voir et d’entendre les enfants s’exprimer sur Pinterest, Youtube ou Tik Tok sous la supervision bienveillante de leurs parents. Leur contenu est généralement des plus spontané et authentique, à part quelques enfants vedettes mis en scène par des parents spécialistes en marketing ou eux-mêmes vedettes du web. Les réseaux sociaux rendent le mieux les intérêts ludiques et la créativité des enfants. Le bonheur que les enfants ont à partager leur fierté dans leurs réalisations et leurs habilités est palpable.

Ce que les réseaux sociaux font moins bien, c’est permettre un degré d’attention et un espace, aussi virtuel soit-il, propices à un partage des réflexions sérieuses et individuelles des enfants, sans que ces réflexions soient teintées d’une intention pédagogique ou thérapeutique. Ce niveau d’attention et cet espace de dialogue authentique n’ont été rendus possibles à ce jour que par des documentaristes. Malheureusement, ces captations d’enfants qui ont bien des choses à dire, ne sont pas légion et on les souhaiterait plus fréquentes et plus largement diffusées.

Nommons deux de ces documentaires à 20 ans d’intervale et probablement inconnus de presque tout le monde. Paroles d’enfants, scénarisé et réalisé par Isabelle de Blois (Production Triangle, 2017). Ce documentaire nous fait rencontrer une quarantaine d’enfants des régions du Québec. Le tout est filtré par une vision somme toute idéalisante de l’enfance comme pleine de potentiel plutôt que force vive et actuelle. Autre époque, au continent, même titre, Paroles d’enfants, réalisé par Eric Guéret et Oumar Sall (Mangui Films, 1999) nous transporte dans les rues du Sénégal, à la rencontre d’enfants confrontés à leur enfance qui fuit. Ces documentaire à ne pas confondre avec Paroles d’enfants, film de fiction pour la télévision françcaise, réalisé par Miguel Courtois en 1996.

Paroles d’enfants, bande annonce. Source: Productions Triangle, Vimeo, 22 décembre 2020.

Notre c.a. vous cherche

Collection internationale Desseins d’enfants (CIDE) cherche une personne que notre mission inspire, afin de combler un poste au conseil d’administration. Si vous cherchez à mettre à contribution vos compétences en planification, prise de décision, financement, communication ou dans les langues, faites-nous signe. Le mandat d’administrateur est de deux ans et renouvelable.

Il s’agit d’un poste clé pour notre organisme. Toutefois l’investissement en temps n’est pas élevé. Nous prévoyons trois à cinq rencontres par an, toutes en ligne. La distance ne devrait aucunement freiner votre intérêt. Il s’agit d’un poste bénévole, le conseil d’administration est petit, ainsi que notre équipe bénévole pour les programmes. Nous sommes un organisme jeune, et unique, venez donc grandir avec nous. Consultez l’appel de candidatures et pour tout autre détail, simplement nous joindre à info@cdic-cide.org.

Paix sur la Terre, par Yvon, c1966. Source: CDIC-CIDE.org

Art-thérapie… numérique?

Vous avez peut-être déjà entendu des commentateurs ou des chroniqueurs parler de la pandémie en 2020, comme d’un accélérateur de changements déjà entamés ou d’un révélateur de phénomènes tels les inégalités sociales ou autre. Nous le vivons au quotidien depuis plusieurs mois maintenant. Le commerce en ligne, le commerce d’appareils électroniques, la connectivité, la télémédecine croissent à vive allure.

Il aurait été difficile de le prévoir, mais l’effet d’accélération risque fort d’avoir un impact important sur un champ de pratique qui, même si déjà en évolution, dégageait toujours somme toute l’aura artisanal de ses débuts, voire papier, crayons, toile, pinceaux, argile. On parle ici de l’art-thérapie, une pratique relativement récente dans le monde de la santé.

Publié en janvier 2020, un article des chercheurs Juliette Lasalle, Marie Charras et Laurent Schmitt ne pouvait tomber plus à point nommé : Outils numériques en psychiatrie et art-thérapie, quels points de rencontre possibles? Les auteurs y abordent des enjeux criant d’actualité pour les praticiens dans ce domaine. La lecture est enlevante pour tous, de par son retour succinct sur l’histoire de l’art numérique et celle de l’art-thérapie. Les jeux en ligne dont jeunes et moins jeunes raffolent sont discutés en soulevant les enjeux de l’accès aux technologies et de la relation patient-soignant.

Dessin au stylet sur Wacom Cintiq 13HD, par David Revoy. Source: Commons.Wikimedia.org, 1 décembre 2020.

Il était une fois l’Histoire

Paraphrasons Albert Einstein et admettons que si nous répétons la même erreur en souhaitant des résultats différents, c’est que nous manquons de jugement, ou pire. Jusqu’à tout récemment, trop peu a été fait pour préserver l’expression enfantine. Il en résulte une insuffisance de la contribution des enfants au discours social, effacée et inaccessible aux historiens qui ne peuvent en tirer des interprétations éclairantes. Un constat pour le moins désolant surtout pour les 150 dernières années, en sommes depuis l’émergence de l’instruction publique en occident.

Heureusement, la chose semble vouloir s’améliorer au XXIe siècle et une poignée d’historiens montrent un intérêt grandissant pour ce que les enfants ont à dire verbalement ou sur papier. Il est plus que temps car ce que les enfants ont laissé de traces sur papier durant la seconde moitié du siècle dernier, est sur le point de disparaître à jamais. Nous avons initié notre Collection en grande partie pour remédier à cela et éviter de répéter les négligences du passé, en ce qui concerne le dessin d’enfant.

Prenons à témoin ce superbe article de Franck Beuvier, publié en 2009 dans la Revue d’anthropologie et d’histoire des arts et accessible sur Open Edition Journals: Le dessin d’enfant exposé, 1890-1915. Art de l’enfance et essence de l’art. Article fouillé, riche en détails, instruit, captivant, mais pas de dessin.

Un autre article plus récent, paru en 2015, tout aussi captivant, s’en sort mieux avec quelques photos: Dessins d’enfants et aide humanitaire : expressions et expositions transnationales. Rédigé par Dominique Marshall (Carleton University) appuyée d’une foule de collaborateurs, pour le compte de la Revue de la Société historique du Canada (Vol. 26, 1), l’article nous fait voyager à travers le monde et les conflits du XXe siècle et leur impact sur les populations. Encore une fois, on voudrait de meilleures images.

Allons enfin du côté des États-Unis, consulter le superbe article (en anglais) de Karen Sanchez-Eppler, publié par The Conversation, et qui nourrit notre espoir de voir le dessin d’enfant trouver sa juste place dans l’histoire et faire surgir celle-ci au regard des générations futures: How studying the old drawings and writings of kids can change our view of history.

The Nelson Brothers’ Encyclopedia for Their Fictional World, 1890s. Amherst College. Source: TheConversation.com, 23novembre 2020.

Faites un don, agissons

Jusqu’au 20 Novembre, faites un don et agissons ensemble pour faire grandir la Collection. Pour une deuxième année, nous avons lancé notre campagne de financement en juin, lors de la Journée internationale des archives. Notre campagne prendra fin à la Journée mondiale de l’enfance. Soulignez avec nous cette date importante du calendrier des Nations Unis comme du nôtre.

Votre don nous aidera à rendre des enveloppes pré-affranchies accessibles aux familles qui voudront nous envoyer leurs contributions pour la Collection. Nous visons à rendre ces enveloppes disponibles dans les écoles, les bibliothèques et les événements communautaires, où nos bénévoles peuvent rencontrer les gens qui contribueront. Ces enveloppes complèteront notre trousse avec les signets et les dépliants déjà disponibles. Faites votre don en ligne et faites augmenter les envois de contributions à la Collection.

Journée cheveux fous, par Sahana, 2020. Source: CDIC-CIDE.

De la musique à nos oreilles

Les plaisirs du dessin et de la musique sont faits l’un pour l’autre. Célébrons la musique qui nous aide tant à traverser la pandémie mondiale, comme tout autre moment difficile, ou aussi les grandes joies. Lancez votre liste de lecture musicale préférée, ou une encore inexplorée, puis laissez-vous aller au dessin le coeur et le crayon légers, emportés par la musique.

Laissez-vous inspirer par un artiste d’une grande profondeur, qui épouse depuis des décennies peinture, musique et poésie: Symon Henry. Comparez votre gestes et vos couleurs aux siennes. En quoi votre musique diffère-t-elle de la sienne?

Pour aller plus loin sur le chemin de la longue histoire d’amour entre la musique et l’image, et son importance culturelle, découvrez le travail de recherche de Christine Guillebaud, dans un article publié dans le numéro 17 des Cahiers d’ethnomusicologie en 2004, pp. 217-240: De la musique au dessin de sol et vice versa.

Le dessin de sol, en Inde du Sud. Photo: Christine Guillebaud. Source: journals.openeditions.org, 10 novembre 2020.

Citrouille, je te vis!

Parmi le tout récent arrivage reçu d’une jeune maman et ses enfants, se trouvent quelques images sur le thème de l’Halloween. Elles sont tout juste arrivées et nous n’avons pas encore eu le temps de toutes les numériser. Il faut aussi admettre que la pandémie nous ralentit ces temps-ci.

Il est toutefois impossible de ne pas partager tout de suite ce collage, par Sahana, vu son irrésistible titre à saveur poétique (même lorsque traduit librement). Juste à temps pour le weekend de peur et de résilience qui s’en vient.

Pumkin I live you, par Sahana, 2020. Source: CDIC-CIDE.