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Arts et littérature

Installation artistique Ship of Tolerance : grandir dans l’acceptation un dessin à la fois

Durant l’enfance surtout, le cerveau s’adapte, apprend constamment, et développe une conception du monde en l’observant. Le dessin permet à l’enfant de communiquer ses idées et ses émotions. Quand cet art devient une expérience collective, il peut devenir un outil puissant et rassembleur. Cette notion est au cœur de l’installation artistique itinérante Ship of Tolerance, une initiative qui réunit l’art enfantin de divers pays, cultures, et identités.

Ce projet initié et porté par les artistes Ilya and Emilia Kabakov se déplace dans le monde depuis 2005, alors qu’il fut exposé à Siwa, Egypt. Une foule s’était alors massée sur la rive d’un petit lac salé, un oasis du désert du Sahara, à plus de 300 km de la rivière la plus proche. Une équipe d’ingénieurs britanniques y ont construit un navire inspiré de bateaux traditionnels égyptiens. De jeunes égyptiens, dont plusieurs n’avaient jamais vu de bateau, et des élèves venus du Royaume Uni pour l’occasion, ont peint chacun un carré de toile pour en constituer la voile.

Le projet vise à nourrir les discussions sur la tolérance dans la vie quotidienne, et aussi à promouvoir la sensibilité interculturelle. Les Kabakov souhaitent faire de ce vaisseau un symbole d’acceptation, non-seulement de coexistence passive, mais plutôt d’engagement réel et dynamique envers l’autre. Depuis vingt ans, le Ship of Tolerance a voyagé dans plus de dix pays, dont l’Italie, la Suisse, les États-Unis, le Royaume Uni, la Russie, l’Arabie Saoudite, et maintenant le Canada.

Le Ship of Tolerance utilise les vers du célèbre poète du XIIIe siècle Saadi Shirazi pour mieux cerner sa mission :

« Les hommes sont les membres d’un même corps,
Car ils ont été créés de la même essence.
Si le destin frappe un membre d’une douleur,
Les autres membres ne connaîtront pas le repos.
Si la souffrance des autres ne te cause aucune peine,
Tu ne mérites pas d’être appelé un être humain. » – Les enfants d’Adam

Le vingtième anniversaire de l’installation est en cours depuis mai 2025, à Oakville, Canada. Plus de 2 000 élèves ont participé aux ateliers de construction du navire, et à la levée de la voile au Gairloch Garden, sur la rive du Lac Ontario. Depuis, plus de 100 000 personnes l’ont visité, et d’autres pourront continuer à le faire jusqu’en septembre 2026.

Ship of Tolerance, Oakville Art Galleries, juin 2026. Source: CDIC-CIDE.org.
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Actualités CIDE, Culture et société

Faire des vagues, ça fait du bien

La Semaine nationale du bénévolat bat son plein au Canada, et nous tenons à ajouter notre voix pour l’appréciation de l’apport quotidien des bénévoles à notre mieux-être collectif. On ne saurait faire sans leur engagement et leur générosité.

Profitez de l’occasion pour visiter notre page de recrutement, et pour parcourir notre collection en ligne.

Si une sortie en hors-bord peut faire bien des vagues, à la CIDE nous savons conserver l’expérience que peuvent en rapporter les enfants. Le Bateau rouge et vert ci-dessous a été dessiné il y a presque soixante ans, dans un cahier scolaire. Le jeune artiste a pris soin de rendre tout le bateau bien visible, hélice du moteur inclus.

La CIDE se joint à la campagne annuelle SAB 2025 de Bénévoles Canada.

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Actualités CIDE, Archivistique, Culture et société

Une étude plus loin

La Collection internationale Desseins d’enfants (CIDE) a débuté 2024 en concluant un partenariat avec l’Office of Community Engagement de l’Université McMaster. L’entente visait à permettre à une équipe de chercheurs d’étudier les décisions des familles en ce qui a trait à la conservation ou la mise au rebus des images créées par leurs enfants. L’étude se penchait également sur les facteurs pouvant mener les familles à utiliser la CIDE pour la conservation.

Mieux comprendre les motivations et les choix des familles s’avère essentiel pour permettre à la CIDE de mieux informer le public sur les enjeux de l’art enfantin et de sa préservation pour les futures générations.

L’équipe composée de Hamza Abouiznied, Mia Brufatto, Lily Li, Lina Mabayyed, et dirigée par Syed Mahamad vient de compléter son rapport.

En tout, 113 participants âgés entre 18 et 64 ans ont rempli un questionnaire. La vaste majorité provenait de toutes les provinces canadiennes et de trois territoires. Le rapport est repli de renseignements et d’observations inédites au sujet de la préservation des dessins d’enfants sur le plan personnel, familial et sociétal. Notamment, 80% des répondants ont rapporté que leurs parents avaient conservé leurs dessins d’enfance.

L’étude révèle les principaux facteurs influençant ce comportement au foyer :

  • L’intention de documenter le développement artistique ou personnel de l’enfant
  • L’appréciation esthétique l’image
  • Le lien affectif lié à l’image ou ce qu’elle représente.

Pour ce qui est des obstacles à la conservation à la maison, le manque d’espace, et le manque de temps sont de loin les facteurs les plus cités par les parents.

L’étude souligne également les raisons qui poussent les familles à utiliser la CIDE pour l’archivage :

  • Une façon de valoriser les images et les partager avec le public
  • Le souhait des enfants de contribuer à la collection
  • Recevoir une forme de reconnaissance, de validation ou d’incitatif en tant qu’artiste cité, et ou un cadeau en remerciement.

Des obstacles au développement de la collection sont cependant notés dans l’étude :

  • Méconnaissance de la CIDE et de sa mission
  • La perception que le processus de contribution est trop compliqué
  • La réticence à se départir de l’image originale.

L’équipe termine son rapport avec quelques recommandations inspirées des résultats. Les nouvelles données issues de l’étude aideront la CIDE à améliorer ses outils de communication, ainsi que ces orientations pour le développement de sa collection.

A ce point-ci, il semble que la CIDE devrait se donner le moyen de répondre à la fois aux familles qui souhaitent le plus de visibilité et de reconnaissance possible pour leurs contributions, et à celles qui se satisfont plutôt de nourrir les archives et appuyer la recherche dans le domaine.

Ne perdez donc pas de vue nos activités et voyez comment nous adapterons nos programmes afin de mieux servir les familles qui contribuent à la CIDE, ainsi que les autres usagers. Pour ce beau projet et partenariat, la CIDE tient à remercier l’équipe de recherche, ainsi qu’Evan Gravely de l’Office of Community Engagement à l’Université McMaster.

Raisons principales motivant à contribuer à la CIDE. Source: Université McMaster, 2024.
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Arts et littérature, Culture et société

Voir grand: l’art miniature

Les confinements successifs et les restrictions d’accès durant la pandémie amènent les artistes et autres “créatifs” à redécouvrir les charmes de l’art miniature. Les articles de presse sur les galeries miniatures gratuites se sont multipliés au cours de la dernière année. Le Seattle Met, le Washington Post (2 articles), TimeOut, Urbanicity, la CBC, le Toronto Star, même le Smithsonian Magazine ont démontré leur intérêt pour ces mini-galeries d’art.

Ces reportages nous apprennent que les petits espaces aux allures de maisons de poupée sont déjà installés aux Etats-Unis à Seattle, Portland, Austin, Oakland, Phoenix Atlanta, Washington D.C., Brooklyn, Hyattsville, et aussi au Canada à Edmonton et plus récemment à Hamilton. L’artiste Elaine Luther en a repéré en Suède, en Pologne et au Mexique. S’autoproclamant dénicheuse de mini-galleries d’art, elle a lancé un site web pour nous aider à suivre l’expansion de l’empire.

Ce phénomène grandissant est une bonne nouvelle pour les artistes. Cela représente une façon de plus de faire voir leurs œuvres et de rejoindre un public varié, à proximité et sur le web. C’est aussi une bonne nouvelle pour les enfants et pour la vie de quartier, puisque la petite galerie peut accueillir les objets de n’importe qui, pourvu qu’il y ait de la place. Chacun peut y déposer ou prendre une oeuvre. C’est le même principe que le populaire réseau de petites bibliothèques libre-service.

Les artistes de l’État de Washington sont certainement les catalyseurs du mouvement. Stacy Milrani a été une des pionnières et sa petite galerie est une des plus fréquentées. Quant à elle, Jennyfer McNeely a apporté une toute autre dimension à l’aventure, en créant une conservatrice d’exposition fictive, Margaret Supperfield, une poupée, qui a son propre compte Instagram. Pour Katy Strutz, confectionneuse de poupées, l’appel du miniature allait déjà de soi.

Il est intéressant de constater que ce nouvel engouement pour le miniature arrive au moment où, à l’autre extémité de l’échelle on voit émerger l’art dit immersif, avec son gigantisme et ses superlatifs. Faisant maintenant son apparition dans de grands musées bien établis, les expositions immersives présentent les images de Van Gogh, Klimt, Schiele, Klee et aussi d’artistes contemporains. De tels événements sont ouverts au public à Miami, Atlanta, Houston, Las Vegas, Los Angeles, Toronto, Bordeau, Dubai, Shangai, Macao et Tokyo. Les promoteurs déploient des moyens technologiques sophistiqués pour attirer de nouveaux publics vers les arts visuels et stimuler le tourisme. Le palmarès de Bea Mitchell des tops 11 événements immersifs sur Blooloop, nous montre à quel point cette approche de l’art contraste avec l’art miniature.

Historiquement, l’art miniature a toujours fait partie des grandes collections. Il n’a jamais non plus été absent de l’art contemporain, même s’il n’a pas été de ce qu’on qualifie de blockbuster dans les grands musées, avec leurs gros édifices. Encore aujourd’hui et depuis 30 ans, la Biennale Internationale d’Art Miniature présente de tels œuvres dans la petite ville nordique de Ville Marie, au Québec. Plus d’une dizaine de pays ont été représentés l’été dernier. De l’autre côté de l’Atlantique, à Paris, le public a encore quelques jours pour visiter l’exposition Small is Beautiful. Cette exposition organisée par Encore Productions et Fever, présente les oeuvres miniatures de 20 artistes et des ateliers pour les enfants.

Plus bas, les photos nous fait voir une petite galerie libre-service qui vient tout juste de voir le jour à Hamilton, Canada. L’enseignant d’art Matt Coleman en est l’instigateur. Une artiste de l’endroit y plaçait sa propre contribution, lorsque j’y ai déposé l’édition limitée d’une impression réduite d’un dessin de mon cru.

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